“ Un fait qui intéresse le service de secours de l'hôpital militaire de réserve de Hiroshima et qui mérite une mention toute spéciale est la visite de S. M. l'Impératrice dans l'hôpital. La magnanimité et la bienveillance si grandes et si élevées de S. M. l'Impératrice, dont les bienfaits s'étendent à toute la nation, et la noblesse et la dignité de sa conduite qui attirent le respect des nationaux et des étrangers, sont trop connues pour que nous en fassions ici l'éloge. ”
Citations de Le Service de secours de la société de la Croix-Rouge du Japon pendant la guerre de la 27e-28e année de Meiji… ()
“ Si la Société, depuis le commencement de la guerre jusqu'à la fin, ne cessa de déléguer des membres de son personnel pour aller visiter, non seulement les malades à l'intérieur de l'Empire, mais aussi ceux de l'extérieur, c'est que son respect pour les militaires l'empêchait de rester dans l'inaction. Si elle redoubla ses témoignages de sympathie, surtout dans les derniers temps, c'est que l'accueil enthousiaste que l'on faisait à nos armées triomphantes semblait avoir fait oublier les souffrances des blessés et des malades. ”
“ Mais jamais elle n'avait porté secours aux blessés sur les champs de bataille. S'il est d'une importance incontestable de se préparer en temps de paix en prévision de la guerre, la première précaution qui s'impose de toute nécessité est celle de s'assurer un fonds de ressources. La Société s'était, avant tout, préoccupée de cette question, pendant les quelques années qui ont précédé la guerre. Tant par ses économies que par les adhérences nombreuses qu'elle obtint dans toutes les provinces de l'Empire, elle avait augmenté son fonds social. ”
“ Le total des malades dans les hôpitaux d'évacuation de Taïhoku, Kelung, Shinchiku, Shokwa, etc., atteignait le chiffre de 1.000 environ ; l'hôpital de Taïhoku seul en contenait 2.100. Ce fut le moment où, depuis la fondation du premier hôpital d'évacuation dans l'île, les malades furent le plus nombreux. Dans les salles des maladies contagieuses, un spectacle d'horreur s'offrait : partout des moribonds à l'agonie ; partout des cris de douleur et de souffrance ; partout des malades gémissant, se roulant à terre et tombant de leurs lits où ils restaient comme inanimés. ”
“ Lorsque les malades, réunis à Tokio, furent en nombre suffisant pour que l'on jugeât à propos de convertir l'hôpital de la Société de la Croix-Rouge en une troisième annexe de l'hôpital militaire, S. M. l'Impératrice et le Prince impérial y envoyèrent, le 18 février 1895, des personnages de leur entourage pour porter aux malades quelques douceurs. De tels bienfaits témoignent hautement du bienveillant intérêt de la Famille impériale pour notre œuvre et le souvenir en restera gravé longtemps dans notre cœur. ”
“ Dans le cas d'une guerre du Japon avec un pays d'outremer, les navires, pour secourir les malades et les blessés, joueraient exactement le même rôle que les wagons sanitaires dans les guerres des pays du continent européen ; d'où il suit que les navires de secours appartenant à la Société japonaise de la Croix-Rouge auraient tout-à-fait le même caractère que les wagons de secours possédés par les sociétés de la Croix-Rouge en Europe. ”
“ Les services médicaux de l'armée, corrélativement au droit qu'ils ont d'employer ce personnel, ont également l'obligation de lui délivrer des signes de neutralité et de veiller à lui permettre d'accomplir sa mission avec la plus grande sécurité (c'est-à-dire loin du péril des combats) ; la Société n'est, d'ailleurs, autorisée à exécuter ses travaux que dans les limites de la zone des étapes où elle sera utilisée au service des hôpitaux d'étapes, des infirmeries, etc., et dans les hôpitaux de réserve de l'intérieur de l'Empire; elle sera encore employée au transport des malades. ”
“ Une telle sollicitude à l'égard de notre Société témoigne hautement du désir sincère de Leurs Majestés Impériales de voir se réaliser le but que s'est proposé le Japon en adhérant à la Convention de Genève, but tout entier d'humanité et de bienfaisance, puisque l'œuvre poursuivie par la Croix-Rouge consiste à porter secours, sans distinction de drapeau, à tout soldat qui tombe blessé ou qui tombe malade sur les champs de bataille. ”
“ Cependant, comme au plus fort de la guerre, les bateaux-hôpitaux firent quelquefois défaut, qu'il y eut beaucoup plus de malades dans l'affaire de Formose que dans la guerre entre le Japon et la Chine, et que, par suite des maladies épidémiques et contagieuses et de l'étrangeté du climat, les malades affluaient et s'entassaient de jour en jour davantage dans tous les ports de Formose, le nombre de malades transportés par les navires militaires, à bord desquels se trouvaient des membres de notre personnel de secours, a été considérable. ”
“ Lorsqu'au mois d'août 1894, le personnel de secours fut, pour la première fois, expédié à Hiroshima, tout était à l'état rudimentaire ; notre Société, afin d'éviter toute omission,, défaut ou erreur, ne procédait à rien avant d'avoir mûrement médité et avoir pris toutes les précautions nécessaires. En ce qui touche spécialement à l'envoi de femmes pour la garde dans les hôpitaux militaires, c'était un fait tout nouveau au Japon et qui causait une grande appréhension dans toutes les classes de la société. ”
“ Les services de secours à Nagoya et à Toyohashi furent tous deux organisés par le personnel de secours du comité local de Nagoya. Le médecin en chef, le secrétaire et le trésorier ayant été chargés de l'administration simultanée de ces deux villes, nous allons ajouter un mot qui sera commun à la manière dont le double service s'est effectué. Il n'y avait pas d'hôpital proprement dit ; les médecins visitaient seulement les malades au lieu de l'internement des prisonniers. ”
“ C'est surtout l'estime et la sympathie que l'auguste souveraine témoigne à l'égard des militaires et la sollicitude si profonde dont elle honore notre Société qui inspirent la reconnaissance la plus profonde et causent une si vive émotion, que tous aimeraient à sacrifier leur vie pour la famille impériale. ”
“ Plus de dix d'entre eux furent atteints de la dyssenterie, du typhus ou du choléra, et même une infirmière du Comité départemental de Kagoshima et trois de la Section locale de Kioto, envoyées par notre Société, succombèrent victimes de leur devoir. Le dévouement et l'abnégation avec lesquels ces infirmières, avec leur constitution si frêle, ont servi dans les hôpitaux militaires, ne sauraient jamais être assez reconnus. Elles ont donné une preuve indéniable que c'est le trop grand zèle à remplir leur mission qui leur a fait oublier leur propre personne. ”
“ Le 13 avril, à la suite de la fermeture de l'annexe de Kisan, ils revinrent à Riusën reprendre leur service. L'assistance donnée par notre Société à Kisan se borna donc à la préparation des médicaments. Bien que ce soit une partie indispensable du service d'un hôpital, il peut arriver qu'elle fasse défaut au milieu de l'agitation de la guerre, malgré la circonspection de l'autorité compétente et la perfection de l'organisation. ”
“ Le public est dans l'erreur lorsqu'il croit que les membres de la Société de la Croix-Rouge ou de tout autre corps de secours volontaire peuvent être employés sur le théâtre des opérations militaires, en dehors de la circonscription d'étape ou dans les localités où il y a encore du danger. ”
“ Le gouvernement japonais, prenant en considération le principe sur lequel notre Société est fondée et qui est de jouer le rôle de neutre par rapport aux belligérants, se bornant à porter secours à tous les hommes de guerre, sans distinction de partis, nous confia la mission de donner des soins aux prisonniers chinois malades ou blessés, détenus dans l'intérieur de l'Empire. ”
“ Sur les bâtiments, flottaient le drapeau national et le pavillon de la Croix-Rouge. Notre personnel de secours fut exclusivement chargé de tout le service de cette annexe. Riujuton était encombré de malades venus de Kinchou et autres localités : les médecins militaires attachés à l'hôpital d'évacuation ne suffisaient pas à la besogne. Aussi profitat-on de l'arrivée de notre personnel pour lui confier aussitôt des malades. Le jour même de l'ouverture, l'annexe admit 44 malades, et les jours suivants, il en arriva autant. ”
“ Dans l'intérieur des salles, il n'y avait pas de lit : on y suppléait au-moyen de paillassons recouverts de couvertures de laine, et cela au rez-de-chàussée comme au premier étage. Les quelques paillasses qui existaient ne pouvant suffire pour tous les malades, on les rapprochait, de façon que deux puissent servir pour trois malades. Cette localité, qui était à peine délivrée du fléau de la guerre, me pouvait encore jouir d'un régime sanitaire parfait. Partout, une atmosphère impure ; partout, des odeurs repoussantes que même les hommes les mieux portants avaient peine à endurer. ”
“ Lorsqu'eut lieu le premier envoi de personnel à Hiroshima, il était parti muni du matériel de santé, des robes de malades, des effets de literie, des instruments de médecine et de chirurgie et de tous autres appareils et ustensiles, et lorsqu'il fut chargé de l'annexe N° 1 de l'hôpital de réserve, la Société lui avait fourni tous les objets nécessaires à un hôpital. ”
“ Les travaux principaux de notre Société ont consisté a faire aux troupes un accueil sympathique, à donner des soins dans les hôpitaux de réserve, dans les hôpitaux d'évacuation et dans les hospices de charité des territoires occupés, et à assurer le service de secours à bord des navires de transport. ”
“ Dans les gares de Nagoya, de Toyohashi et d'Osaka, on a pu constater aussi combien les prisonniers étaient émus et quel chagrin ils éprouvaient de se séparer des médecins et des autres membres du personnel du service qui étaient venus les accompagner. Nous ne pouvons nous enipêcher de mentionner ici, à la louange du caractère chevaleresque et généreux du peuple japonais, que beaucoup de personnes, à Tokio et dans les autres villes, envoyèrent des aliments et des livres aux prisonniers, pour les consoler. ”
“ Une partie de notre armée s'était avancée vers le sud et avait pris les îles Pescadores. Il était question de transporter le grand quartier général en Chine pour porter le coup mortel à ce pays. A ce moment, les navires chargés des transports entre le théâtre des opérations et le Japon étaient, au nombre de plus de cent, occupés dans les ports de Corée, dans la presqu'île de Liao-Tong, à Weï-Haï-Weï, dans les ports du golfe de Petchili et aux Pescadores, soit au transport des troupes et des munitions, soit au rapatriement des malades. ”
“ Voici quels furent les résultats du service de secours de Ghio-in-to : depuis le 29 octobre, date de son arrivée, jusqu'au 13 novembre, jour de l'ouverture de l'hôpital d'évacuation, c'est-à-dire pendant 15 jours, le deuxième détachement de secours n'eut à donner des soins qu'aux officiers, sousofficiers et soldats de terre et de mer, aux coolies, etc., stationnés dans cette localité ; le nombre des personnes soignées s'éleva à 218, dont la majorité était des coolies, des ouvriers et des hommes de peine. ”
“ Au mois de septembre, après la bataille de Ping-yang, les soldats blessés, renvoyés par mer au Japon, ayant augmenté de jour en jour et la dyssenterie ainsi que la fièvre typhoïde régnant sur le théâtre des opérations militaires, la Société s'adressa, le 21 du même mois, au chef du service des Bienfaits, pour lui demander l'autorisation d'être chargée du secours à bord des navires militaires. L'autorité militaire accueillit favorablement cette proposition et employa le personnel de la Société au service de secours sur les transports des malades et au service de santé à bord d'autres navires. ”
“ Il n'y aura pas lieu, en particulier, de remplir la tâche délicate, qui nous incombe ordinairement, de répartir dès offrandes entre les belligérants, proportionnellement à leurs charges, puisque la Chine, qui n'a pas signé la Convention de Genève et ne possède pas de sociétés de secours, se trouve hors de cause, au point de vue qui nous occupe. ”
“ Le commandant d'étape avisa notre personnel que, dans le cas où la Société de la Croix-Rouge établirait un hôpital, elle aurait à se pourvoir elle-même des ustensiles de cuisine et de la vaisselle de table. La difficulté de s'en procurer était très grande, car la population s'était dispersée de tous côtés après la bataille et les habitants étaient rares ; de plus, les meubles laissés ou abandonnés avaient déjà été recueillis par les troupes ou les coolies, de sorte qu'il ne restait presque plus rien. ”
“ Comité central japonais, Tokio. Messieurs, Les hostilités qui viennent d'éclater entre le Japon et la Chine nous préoccupent vivement, au point de vue des intérêts philanthropiques qui sont du ressort de la Croix-Rouge. Nous ne doutons pas que votre Société n 'ait pris les mesures nécessaires pour fournir une assistance prompte et judicieuse aux troupes japonaises envoyées en Corée, et nous tenons à vous exprimer notre sympathie dans ce moment où, pour la première fois, vous vous trouvez aux prises avec les calamités de la guerre. ”
“ Aussitôt après, l'hôpital procéda au choix des médecins et des pharmaciens, et invita chaque section locale à fournir des médecins et des infirmières. Pendant cette expédition, le Ministère de la guerre n'autorisa pas l'envoi d'infirmières sur les champs de bataille ; il prescrivit que les hommes seuls pourraient y être expédiés. En conséquence, l'on pourvut aux premiers besoins en recrutant le personnel nécessaire parmi les anciens infirmiers de l'armée, parmi les étudiants en médecine et parmi toutes les autres personnes ayant l'expérience pratique de la garde des malades. ”
“ En outre de ces trois détachements, la Société n'en expédia aucun autre, sous forme d'organisation d'hôpital ; mais, à différentes reprises, sur un ordre du chef du service des Bienfaits ou sur une notification du Directeur général du service de santé en campagne, elle fit l'envoi de membres de secours, tantôt pour combler les vides occasionnés par les maladies, les empêchements ou les changements de poste, tantôt pour renforcer les détachements, lorsque les circonstances l'exigèrent. ”
“ Comme ce fut lui qui combla les vides qui se formaient, il fournit, à la demande du chef de l'hôpital, 1 sergent-infirmier et 4 infirmiers nouveaux, ce qui permit de rétablir le bon fonctionnement du service de l'hôpital. Grâce à lui, l'hôpital d'évacuation de Kelung parvint à être mis sur un bon pied, mais la construction des baraquements traînait toujours en longueur, et, au commencement d'août, on avait à se plaindre que les salles étaient trop étroites, vu l'affluence toujours croissante des malades. ”
“ Pour soigner un tel nombre de malades, le personnel de l'hôpital était composé seulement de deux médecins de l'armée, le chef de l'hôpital compris, et de 40 infirmiers. Aussi arrivait-il quelquefois qu'un seul médecin avait à soigner 520 malades et qu'un infirmier en avait plus de 90 à garder. Il est impossible de décrire un pareil surmenage. ”
“ Accomplir, le cas échéant, leur œuvre de secours .volontaire et se montrer toujours à la hauteur des nobles sentiments d'humanité de Leurs Majestés Impériales, tel était le désir de tous les membres de la Société, quand éclata, en 1894, l'affaire de Corée qui fut suivie de la guerre sino-japonaise et de l'expédition de Formose. Des combats plus ou moins vifs eurent lieu, à plusieurs reprises, pendant les fortes chaleurs de l'été et les froids rigoureux de l'hiver, et très nombreux furent les blessés et les malades japonais et chinois. ”
“ Dans l'armée japonaise, chaque direction des étapes a un chef du service médical, sous la surveillance et la direction duquel le personnel de secours de la Société remplit son devoir. Les délégués entretiennent des rapports avec le délégué général, et ils prennent les ordres du chef du service médical de l'armée et les font exécuter par le personnel de secours volontaire. ”
“ Le 1er mars de la 28e année de Meiji, ce lieu de logement fut converti en hôpital d'évacuation de Riusën dont M.. Takeichi, médecin militaire de lre classe, devint le chef. Mais le service, la garde et le traitement des hospitalisés restèrent à la charge du seul personnel de notre Société. Comme il n'y avait qu'un seul pharmacien parmi notre personnel, le service de secours continua à être toujours extrêmement surchargé et pressant. ”
“ Au début, il se déclara des affections aiguës de l'estomac et des intestins (sorte de dyssenterie) qui menacèrent de devenir contagieuses. A défaut de local pour les isoler des autres malades, l'administration envoya immédiatement à l'hôpital militaire de réserve de Nagoya ceux qui en étaient atteints, puis l'on procéda à la désinfection et l'on put heureusement conjurer tout danger de contagion. Mais la conduite des prisonniers créa beaucoup d'embarras à notre personnel. ”
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