Louis Delluc

Louis Delluc

Résumé

Portrait de Louis Delluc Louis Delluc Monsieur de Berlin

Ce soir-là, il pleuvait de nettes gouttes d’étoiles dans la lumière ample de la lune.
Et le train roulait, allait me sortir de France ; et, peut-être, demain, dans les rues de Lausanne, rencontrerai-je des figures ennemies, comme l’année d’avant, où tant de voix germaniques peuplaient la sonorité des palaces. N’importe, après tout, les moments de haine que je connaîtrais sans doute à ces contacts : je ne pensais qu’à voir Claude, et à savoir, avidement.
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Portrait de Louis Delluc Louis Delluc Monsieur de Berlin

La foule parle. La foule attend. La foule est prête à hurler de joie.
Mon temps n'est plus à moi. Les aides de camp, les généraux, Thülow, Schmeinecht, Stirlen-Stürmer, la presse, l'armée, tout l'empire passe devant moi. La conciliation des inconciliables nous menace à toute minute, mais nous savons où nous allons et le plus délicat de nos réunions consiste à jouer sur les mots pour répondre par delà les frontières actuelles. Le ton se modifie peu à peu ; il a fallu doser l'indifférence, puis l'autorité, ou, pour être juste, l'autorité dans l'indifférence.
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Thülow riait avec exagération, mais madame Le Page, notre hôtesse, faisait de petits roucoulements très jolis, et la princesse Agarieff, presque impassible, mettait un poing sur son cœur, comme s’il allait éclater de gaieté. Madame Dié avait un interminable sourire délicieux, qui ne montrait pas ses dents, et qui, avec un tout petit pli de ses lèvres, éclairait toute sa figure. Ses yeux gris semblaient dorés. Madame Dié est une femme qui me plaît.
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