Léon Pamphile LeMay

Résumé

Léon Pamphile LeMay Tonkourou

Auger allait sortir. Louise, désolée,
S’élance sur ses pas et tombe à ses genoux.
— Restez encor, dit-elle, oh ! restez avec nous !
Et Lozet que cela surprend et désespère,
Lozet s’écrie alors :
— Ne suis-je pas ton père,
Moi depuis si longtemps ta gloire et ton appui,
Ne suis-je pas ton père, ô Louise, aujourd’hui,
Autant que ce marin qui parle de te prendre,
Qui ne t’a jamais vue, et ne saurait comprendre
Toute l’affection qui germe en un berceau ?
Voudrait-il t’emmener au loin sur son vaisseau ?
Ma Louise, il vaut mieux ne voyager qu’en rêve.
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Léon Pamphile LeMay Tonkourou

Et Ruzard est l’époux qu’on destine à Louise ?
— Parce qu’il ne va pas chaque jour à l’église,
Qu’il reste à ses travaux, n’a pas les yeux au ciel
Et ne vous glose point des paroles de miel,
Vous le damnez déjà, dit Jean d’un ton fort aigre.
La colère grondait.
— Je veux le croire intègre,
Et vous pouvez agir ainsi qu’il vous plaira ;
Mais votre douce enfant, Jean, peut-être en mourra,
Car elle n’aime point, vous le savez, cet homme.
— Elle aimerait bien mieux cet autre qu’on ne nomme,
Chez les honnêtes gens, qu’avec honte ou mépris.
De l’amour la jeunesse exagère le prix.
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Léon Pamphile LeMay Tonkourou

Léon quitte l’église. Une dernière fois
Il veut revoir pourtant la vierge trop aimée.
Il l’attend au dehors, sur la porte fermée ;
Puis quand Lozet paraît la tenant sans effort,
Comme on tient dans ses bras un jeune enfant qui dort,
Il s’avance près d’elle au milieu de la foule
Et, tout en essuyant une larme qui coule,
Il dépose un baiser sur son front pâle et froid,
Sachant bien, dans son cœur, qu’il en avait le droit.
Louise, s’éveillant à ce toucher suprême,
Ouvre des yeux hagards, soulève son front blême :
— Où suis-je donc, fait-elle, et que s’est-il passé ?
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