J.-M. Le Condamné

Résumé

J.-M. Le Condamné Les deux Hélène (épisode de 1870… (1872)

Sur un beau cheval noir, et dans une attitude A faire songer l'homme, eut-il passé cent ans, Une femme s'avance : Hélène d'Orléans.
Elle est en robe noire et chapeau gris à plume ; Mais, si quelque âme jeune, en bouillant se consume Sur la flamme d'amour ou de désir violent, Ce n'est pas pour un pli qui décèle en volant, Quelque forme enviée, ou pour sa taille ronde, Dodue et souple ainsi que le cou d'une aronde.
C'est pour son regard noir, aux cils longs et courbés, Son nez droit et sa bouche avec ces coins bombés Car, le sourire vient souvent entre ses lèvres.
Source : Gallica

J.-M. Le Condamné Les deux Hélène (épisode de 1870… (1872)

De l'univers entier et jusqu'au fond des grottes, Elle étendrait mon nom, j'ai des douceurs plus hautes : Je préfère cette heure où je puis vous aimer.
L'ennemi serait là, que mon bras pour s'armer Ne se lèverait pas, car, ce bras nous attache.
Dieu saint! je porterais ma tête sous la hâche Pour un baiser de vous ! Hélène, sur mon cœur Mettez la main; il bat, il verse de bonheur; Demain, quand le soleil aura fermé ses portes, Ma pauvre chair n'aura de bruits d'aucunes sortes; Mes yeux ne verront plus.
Source : Gallica

J.-M. Le Condamné Les deux Hélène (épisode de 1870… (1872)

Hélène, l'arme au poing, les guide avec courage, Écrasant en chemin quelque pâle visage, Tombé pour la Patrie !
Ainsi que l'a pensé Le Général en chef, le destin s'est lassé : L'ennemi, maintenant, suit sa marche en arrière ; Il faudrait le contraindre à passer la rivière, Ou l'y précipiter, ce serait merveilleux !
Le Loir n'est pas bien loin, mais, l'eau tombe des cieux Depuis quelques instants, froide, large et bruyante.
La terre ne peut plus supporter une jante, Ni le sabot puissant d'un cheval sans céder.
Source : Gallica

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