Résumé

Portrait de Léon Say Léon Say Revue des Deux Mondes

Si l’impôt absorbe tout, tant mieux : c’est qu’il est venu à bout des riches, et qu’il ne reste plus dans la nation que l’État qui soit riche. L’État est enfin le seul capitaliste. Ayant absorbé les individus dans un collectivisme universel, il administre lui-même au profit de tous la fortune de la nation, jusqu’ici divisée en fortune privée et fortune publique, mais ne devant constituer, au jour du triomphe de la nouvelle école, qu’une seule fortune, celle de tout le monde. Le budget particulier des citoyens se trouve englobé dans le budget de la nation.
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Portrait de Léon Say Léon Say Revue des Deux Mondes

Si l’ouvrier n’est pas le débiteur définitif de l’impôt, s’il est comme un percepteur chargé d’en recueillir les espèces chez des tiers pour les verser ensuite au Trésor public, il peut en résulter pour lui une situation vraiment intolérable. Voilà un ouvrier dépourvu de ressources, n’ayant pas ou pouvant ne pas avoir de pécule, ne possédant pas ce qu’on pourrait appeler le fonds de roulement de la vie, et c’est cet ouvrier, ce pauvre, qui fait en réalité une avance à plus riche que lui, ou du moins à celui auquel incombe la charge de réunir le capital nécessaire à la production.
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Portrait de Léon Say Léon Say Revue des Deux Mondes

La conception socialiste considère l’impôt comme devant être l’instrument de la justice sociale, et la justice sociale naturellement est toujours entendue dans le sens de ceux qui se sont emparés de l’instrument, en règlent l’action et en tiennent le manche. Et comme cette doctrine fait de l’impôt — à la condition bien entendu qu’il porte sur la richesse accumulée ou en voie d’accumulation, la source du bien social — il n’y a pas de limite à son extension. Plus il y a d’impôts, d’impôts socialistes s’entend, plus la vie sociale réalise son idéal.
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