Résumé

M. d’Elné Revue des Deux Mondes

C’était toujours la même expression grave et soucieuse. Aucune ride nouvelle ne sillonnait son front ou ne creusait sa joue ; à l’âge de Gian-Gianu, l’homme ne change pas en une année, si pleine qu’elle soit.
Dès qu’il m’eut reconnu, il pressa le galop de son cheval. — Ben venuto ! me dit-il d’une voix sonore en arrivant près de moi.
Nous nous serrâmes la main. — Et Efisa ? et Gambini ? demandai-je avec une anxiété que je ne cherchai point à cacher.
— Allons au petit bois de chênes, me répondit-il après un silence de quelques instans qui me parut bien long ; là, je vous dirai tout.
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Efisa, pâle, tremblante, et les yeux entourés de cette auréole bleuâtre qui annonce les veilles et la fièvre.
— Sanarès, dit Gambini en s’adressant au chef de la famille, Villanova est en fête, toutes les maisons sont closes parce que les maîtres sont tes convives. Ma maison à moi est fermée depuis longtemps par le deuil. Il faut donc que je vienne ici te demander asile pour un hôte que nul n’attend au milieu de la fête!... Viens, Sanarès, venez aussi vous tous, frères Paolesu, — car pour aujourd’hui cette maison est la vôtre, — venez recevoir celui que vous envoie la colère du Seigneur...
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Au reste, Gian-Gianu paraissait triste, mais il avait gardé tout son calme, et je me décidai bien vite à rompre un silence qui semblait n’embarrasser que moi. — N’avez-vous jamais été inquiété depuis la mort de Gambini et des Paolesu?
— Non, me répondit-il. La lettre de Gambini au fiscal détournait de moi tout soupçon. Et puis, comme j’étais l’héritier de Gambini, toute l’influence qu’il exerçait dans le pays avait passé dans mes mains. Les pauvres gens m’aiment, et les carabiniers me saluent. Jamais je n’ai fait volontairement de mal à personne; je n’ai point d’ennemis.
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