Philippe Tonelli

Résumé

Philippe Tonelli Seppa : scènes de la vie corse (1890)

René !
Trois jours après, René d'Arcade quittait la Corse. Il prit le chemin de l'Italie afin de pouvoir regarder, au loin, les cimes des montagnes corses qui se dessinaient au soleil couchant, lui rappelant ce dernier souvenir d'une heure d'oubli qui venait de jeter encore dans son âme un trouble profond.
Après avoir parcouru le pays des chaudes effluves, il rentra à Paris avec cette même teinte de tristesse qui ne l'avait pas quitté à son départ. Seulement son cœur ne souffrait plus de ce dégoût de la vie, de cet état morbide du corps qui lui faisait éloigner
les bruyants divertissements.
Source : Gallica

Philippe Tonelli Seppa : scènes de la vie corse (1890)

A l'idée seule que je serai riche pour t'enrichir à ton tour, je travaille comme un désespéré, avec rage, l'amour au cœur, car ton image est devant mes yeux, et tu dois te figurer si elle me donne de la force, du courage, de l'espérance.
Un jour, et voilàle récitde cette impression inoubliable, me rendant à la fontaine rocheuse où Napoléon puisait toutes ses pensées profondes en des heures de rêverie, je vis, assisesur un banc de pierre, au boutde l'allée, une jeune fille, belle comme toi, tendre comme
toi, séduisante comme toi, toute comme toi, qui lisait seule près de la grotte.
Source : Gallica

Philippe Tonelli Seppa : scènes de la vie corse (1890)

La vieille fille savait déjà que Dieu avait réservé des délices au cœur aimant, à l'âme aimée, mais son imagination n'avait pas sondé la profondeur de ces sensations que donne la possession à ceux qui ont ignoré le bonheur.
La virilité de deux natures, la puissance d'un sentiment retardé, la peur de ne pouvoir
éprouver longtemps encore des jouissances intimes, le désir ardent enfin de se conserver à la vie, comme le naufragé sur un radeau, font agiter violemment les ailes de l'amour quasi-caduc qui, dans un suprême élan, monte vers les régions ignorées.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature