Résumé

Maxime Rude Documents masculins : ces messieurs… (1883)

Peu lui importe ! Tenez, je suis invitée à passer la journée de dimanche prochain, — le premier dimanche du mois, selon mon habitude depuis un an, — chez une amie charmante et dévouée, une orpheline, la petite-fille du marquis de Nanterre, à Saint-Germain. A peine en ai-je soufflé tout à l'heure un mot à Volnys qu'il est entré dans une fureur, et je dirai même un délire à me faire trembler.
- Yolnys, — hasardai-je, - est le premier à regretter ses colères. Au reste, mademoiselle, l'amour est égoïste et ombrageux, et je ne vois rien là qui ne confirme l'ardeur de ses sentiments pour vous.
Source : Gallica

Maxime Rude Documents masculins : ces messieurs… (1883)

La nouvelle duchesse de Gommery était rêveuse et elle le fut bien davantage quand elle aperçut, debout sur le perron et admirant ses chevaux en horseman, son mari frais botté, ganté et cravaté. Il n'avait pourtant pas changé de linge à l'écurie !
La princesse Alba descendit, souriante et calme en apparence; elle s'étendit dans la calèche découverte, laissant au duc le soin d'étaler la peau d'ours qui devait les envelopper tous deux, puis elle demeura comme couchée dans l'observation silencieuse des rues et des quais où les chevaux l'emportaient de
leur beau trot allongé.
Source : Gallica

Maxime Rude Documents masculins : ces messieurs… (1883)

La princesse Alba se voyait belle à damner tous les archanges, avec la rivière blonde des cheveux qui l'enveloppait de la nuque aux hanches, et où surnageaient les blancheurs nacrées du cou et de la poitrine échappée aux dentelles de la chemise. Ces yeux d'un bleu italien étaient ses yeux ; cette lèvre de pourpre sous des narines roses ouvertes était sa lèvre ; et au milieu de ces charmes irritants et de ces splendeurs adorables, elle demeurait au lendemain de ses noces, le premier soir, la première nuit libre pour les époux, une simple dédaignée !
La fierté morale n'y tint plus
Source : Gallica

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