Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les confessions : souvenirs d'un demi-siècle… (1888-1891)

J'ai étudié les vivans après les morts. J'ai vu tomber des empires, des royautés, des républiques; j'ai vu la guerre, j'ai vu la peste, j'ai vu la famine, j'ai vu la réalité qui opprime et l'idéal qui console, j'ai vu la mort qui est venue trop souvent s'asseoir à ma table, j'ai vu la fragilité du cœur et les nuages de l'âme, j'ai vu toutes les misères sociales et privées — et je n'ai pas cent ans !
Tout homme est double comme s'il subissait toujours la loi du bien et du mal. Les uns s'évertuent à la beauté de leur corps, comme si toute leur personnalité était là.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les confessions : souvenirs d'un demi-siècle… (1888-1891)

Quand venait Morny, il se mettait au piano et jouait à quatre mains avec la dame des airs de la reine Hortense. Il aimait à montrer son pied, un des plus finement taillés de la sculpture humaine. « Ce n'est pas mon frère qui vous montrera un pareil pied ! » disait-il avec une pointe de jalousie.
Quand venait Napoléon III, il ne manquait pas de dire — lui aussi avec une pointe de jalousie : « Oh! oh! ça sent la romance ici! » Et la comédienne, pour piquer l'Empereur au jeu : « Oui, quand vient Morny, nous partons toujours pour la Syrie. »
Morny savait la vie et le monde.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les confessions : souvenirs d'un demi-siècle… (1888-1891)

C'est comme un trem blement de terre. Ceux qui sont dedans n'essayent même
pas de se défendre; ils ne songent qu'à s'enfuir. — Je vous réponds, dit Théophile Gautier, que ceux qui sont aux Tuileries se défendront jusqu'à la dernière cartouche et jusqu'au dernier poignard. — Nous verrons bien, dit Emile de Girardin, pour moi je suis sûr que le plus brave de la maison ne songera qu'à faire atteler quatre chevaux et une berline. C'est fatal.- Je réponds, moi, reprit Théophile Gautier, que l'Empereur et l'Impératrice se feront tuer au grand escalier, s'ils n'ont pas raison de l'émeute.
Source : Gallica

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