Mme Agostina Palacio de Libarona

Résumé

Mme Agostina Palacio de Libarona Le Tour du monde

Ensevelissement de Don José de Libarona. — Dessin de Castelli. Unzaga se lamentait : « Que vais-je devenir ? s’écriait-il. Qui voudra maintenant soigner mes plaies ? Je mourrai seul, ici, sans secours ! Adieu, señora ; adieu, vous qui étiez ici notre soutien et notre consolation ! »
Pauvre homme ! sa plainte me déchirait l’âme. Mais que pouvais-je faire !
Je me hâtai d’aller à Matara et je priai aussitôt le curé de célébrer un service.
Le commandant eut le courage de me faire demander le grilhete (les fers qu’on avait mis aux pieds de mon mari) .
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Mme Agostina Palacio de Libarona Le Tour du monde

Unzaga, tout faible qu’il fût, m’aida à le porter, et nous cherchâmes un refuge dans le bois. Don José poussait des cris inarticulés et me frappait ; j’étais harassée, blessée, et si désespérée que plusieurs fois je me roulai à terre. Ah ! je dis ici toute la vérité ! j’aurais préféré en ce moment la mort à de si grandes tortures ! Sans le souvenir de ma mère, de mes enfants, sans le sentiment de mes devoirs envers mon mari, je crois que je me serais suicidée !
Pendant notre fuite, les Indiens pillèrent notre rancho et le réduisirent en cendres. Ils tuèrent près de là plusieurs personnes.
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Mme Agostina Palacio de Libarona Le Tour du monde

Quand elle m’eut écoutée, elle m’aida à monter en croupe, me conduisit à un endroit où elle me fit donner de l’eau, deux petits fromages, un peu de farine, et me ramena non loin de ma retraite, mais en me priant de ne rien dire de ce qu’elle avait fait pour moi, tant le seul nom d’Ibarra inspirait de terreur !
Un orage nous surprit un jour dans un bouquet de bois épais où j’avais transporté mon mari. L’obscurité devint profonde ; le tonnerre éclatait tout autour de nous.
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