M. A. Guinnard

Résumé

M. A. Guinnard Le Tour du monde

Rien n’est plus triste que ces vastes plaines, dont la solitude n’est animée de loin en loin que par les troupeaux des Indiens et par quelques groupes nomades de ceux-ci qu’on reconnaît de loin à leurs lances ornées de plumes de nandou. Le jour, le cri aigu de quelque oiseau de proie s’abattant sur un cadavre en putréfaction, ou bien, la nuit, les rugissements du puma et du jaguar affamés, telle est, avec les mugissements du vent, l’harmonie des pampas.
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M. A. Guinnard Le Tour du monde

Je m’astreignis à n’exiger de lui aucun effort, et nous avancions fort lentement, quand à la tombée de la nuit je remarquai qu’il doublait le pas de lui-même ; à la fraîcheur du terrain qu’il foulait et avec l’instinct propre à tous les hôtes de ces vastes déserts, le pauvre animal sentit le voisinage de l’eau. Peu d’instants après nous étanchions notre soif commune dans ces lagunes que déposent dans le nord de la Pampa les filets d’eau issus des contreforts des Andes dans les provinces de Mendoza et de San Luiz.
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M. A. Guinnard Le Tour du monde

Obligés de faire une sortie le troisième jour pour renouveler nos tentatives de chasse, nous reprîmes confiance et espoir en tirant à peu de distance une biche d’assez belle taille. Déjà je la chargeais sur mes épaules, lorsque les Indiens, fort nombreux cette fois, surgirent comme par enchantement de tous les plis du terrain, et se livrant à une joie féroce, poussant des cris gutturaux, et brandissant leurs lances, leurs boules et leurs lazos, nous entourèrent de toutes parts.
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