Léon Lambry

Résumé

Léon Lambry Un naufrage en Patagonie (1937)

Sancho, du coup, oublia sa fatigue.
— Sommes-nous encore loin du rio ? demanda-t-il d'une voix anxieuse.
— Non ! répondit Suarez. Des indices certains me font supposer que le fleuve est proche. Voyez, la pampa commence à changer d'aspect. Pressons le pas. Si nul obstacle ne nous arrête, il est possible que nous échappions à ces bandits.
— Sont-ce vraiment des bandits?
— Les Indiens de cette sorte ne connaissent pas la pitié. Ils ne rêvent que pillage. Tout homme qui tombe entre leurs mains est condamné.
— Pressons le pas ! s'exclama Sancho, vous avez raison.
Source : Gallica

Léon Lambry Un naufrage en Patagonie (1937)

N'a-t-il pas confiance dans l'habileté du capitaine? Ce n'est pas cela : un malaise indéfinissable, une sorte de pressentiment
l'avertit qu'il ne peut compter ni sur l'équipage ni sur celui qui le commande.
A dix-huit ans on tient à la vie, et Maurice sait bien qu'un naufrage en pleine nuit, sous cette latitude, laisserait peu d'espoir. Pas une étoile, les vagues sont énormes, le vent augmente de violence. Si encore le bateau était solide, mais ce Halcon sur lequel Maurice a pris place est un vieux vapeur que la tempête secoue furieusement.
Source : Gallica

Léon Lambry Un naufrage en Patagonie (1937)

Ces paroles énergiques électrisèrent jusqu'à Sancho.
Tandis que les naufragés, unissant leurs efforts, commençaient la construction du radeau, Maurice, arrivé à l'étape, descendait de cheval, tout étourdi de sa folle randonnée. Il y avait des heures qu'on l'entraînait vers l'ouest, et il allait, pour la première fois, camper avec ses frères rouges, dans la solitude de la pampa.
Il était envahi par une grande tristesse, mais il faisait tous ses efforts pour la dissimuler. La
pensée qu'une existence nouvelle s'ouvrait à lui, pleine de périls et d'imprévu, n'était pas faite pour le réjouir
Source : Gallica

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