Résumé

Charles Motte Le 27 décembre 1855 à Graissessac… (1855)

Quel spectacle parut à notre vue : mille cadavres étaient disséminés sur cette mer houleuse; la plupart étaient rejetés sur le cap Tenez; non loin de nous les survivants, au nombre de deux cents, dont j'étais du nombre, étaient comme moi perchés sur les débris du vaisseau; tous appelaient leurs proches, leurs amis ; aucun ne répondait, les flots les avaient ensevelis. Quelques officiers du vaisseau, M. de Caraman qui le commandait, et plusieurs matelots, s'étaient emparés de la grande chaloupe qui flottait encore et bientôt capota ; peu se sauvèrent. Quelle triste position était la nôtre !
Source : Gallica

Charles Motte Le 27 décembre 1855 à Graissessac… (1855)

Le jour viendra et tu trouveras peut-être Talon, vous vous consolerez l'un l'autre, l'existence sera moins pénible. Nourri dans cet espoir consolateur, la nuit se passa et la lumière du jour tant désirée parut ; je quittai ma sombre demeure et m'acheminai au hasard. Après quelques heures de marche, je trouvai au bas de la montagne quinze à dix-huit de mes compagnons d'infortune ; Talon était du nombre, je crus être sauvé.
Source : Gallica

Charles Motte Le 27 décembre 1855 à Graissessac… (1855)

Après bien des peines, de rocher en rocher j'arrive au sommet de la montagne. Un vaste désert se déroule à ma vue ; je n'osais pénétrer plus avant, j'en longeais la crête pour ne pas perdre la mer de vue ; la nuit commençait à se faire, je cherchai à trouver un abri. C'est sous un roc à pic qui présentait une grotte, que je me tapis ; me voilà seul au monde dans un désert affreux, transi de froid et de faim et saisi d'épouvante.
Source : Gallica

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