Oscar Massé

Résumé

Oscar Massé Mena’sen

Quand tout fut terminé, qu’il se fut acquitté de sa tâche, Robert adressa à cette tombe où il venait d’enfouir son bonheur un suprême adieu, puis lentement, comme à regret, il descendit du rocher, son calvaire, pour regagner la rive et continuer son voyage, seul désormais pour la vie, avec, en unique partage, l’atroce souffrance du présent et la hantise lancinante du passé sans le soûlas de l’espoir en l’avenir.
L’espoir, c’est la panacée magique à tous les maux de la vie, c’est l’oasis dont le mirage leurre, dans le désert de l’existence, notre pauvre âme assoiffée !
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Oscar Massé Mena’sen

Bien des pensers incohérents se heurtaient dans la tête en feu de Robert Gardner et c’est avec soulagement qu’il vit poindre le soleil à l’horizon. Cette radieuse apparition le rasséréna quelque peu, il y vit un heureux augure.
Il est bien vrai que les yeux ne sont que les fenêtres de l’âme qu’on ne sait regarder qu’autant qu’on est émotif et que, enfin, le beau est, avant tout, condition psychique ; mais il est également vrai que le beau, le beau objectif — si le terme n’est pas trop technique — affecte l’âme dont l’œil est simplement l’organe de perception, l’appareil photographique.
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Oscar Massé Mena’sen

Soigneusement caché en un lieu sûr, j’ai un canot que la dernière crue des eaux a fait dériver sur le rivage. Je l’ai dissimulé sous des aulnes touffus qui le dérobent à la vue.
— Oui, mon Robert, périssons ensemble, emportés par les eaux, percés tous deux de la même flèche implacable.
— Non, non, nous vivrons ensemble plutôt pour nous aimer et redire à nos enfants les péripéties de notre fuite.
— Dieu t’entende, mais l’Abénaquis veille... — Nous prendrons son astuce en défaut. Demain soir est la fête des aïeux ; la tribu s’assemble pour célébrer ses fastes guerriers.
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