Paul Heusy, Un coin de la vie de misère, avec une lettre à M. Léon Cladel (1878)
“ Par instants, Antoine s'arrêtait et regardait Catherine qui riait alors silencieusement. Ils parlaient de leur existence quotidienne, de leurs gains journaliers, de la cherté du pain, du prix d'une jupe ou d'une blouse, et ils trouvaient un grand charme à se parler de ces choses. Puis, il y avait entre eux de longs silences qui ne les embarrassaient point et qu'ils ne cherchaient pas à rompre. La journée était belle : de nombreux promeneurs les croisaient. Ils ne les voyaient pas. Il n'y avait qu'eux dans la plaine ! Leurs pas étaient lents, comme ceux des gens qui n'ont pas hâte d'arriver. ”
