Pierre Elzéar

Résumé

Pierre Elzéar Christine Bernard (1882)

Tais-toi ! tais-toi !
Christine s'épuisait en efforts désespérés. Comme les lèvres de Favrol allaient toucher les siennes, elle lui cracha au visage.
Il poussa un rugissement et saisit un couteau sur la table.
– Oh ! oui, à la bonne heure ! cria Christine. Tuez-moi plutôt ! La mort, mais pas votre amour ! Jamais !
– Embrasse-moi tout de suite ! Embrasse-moi, ou sinon...
Et il levait le couteau.
Tout à coup, une détonation retentit.
Lazare recula, vomissant un flot de sang.
Pierre et Gaston étaient entrés au moment où le couteau allait s'abattre sur Christine.
Source : Gallica

Pierre Elzéar Christine Bernard (1882)

Je vous défends d'insulter madame Favrol !
Lazare se dégagea en ricanant.
– Est-ce que vous oubliez que je suis chez moi ?
– Monsieur, dit Pierre d'une voix sifflante, les yeux dans les yeux de Lazare, j'ignore si je suis chez vous, j'ignore si vous êtes son mari ; ce que je sais, c'est que vous brutalisez une femme, et je ne reconnais pas de titre qui vous y autorise.
– Vous voulez vous battre, n'est-ce pas ? dit Lazare.
Christine, qui n'avait pas lâché la main de Pierre, poussa un cri étouffé.
– Nous battre ? le duel est absurde.
Source : Gallica

Pierre Elzéar Christine Bernard (1882)

Ce que nous sommes forcés de respecter avant tout, ce sont les droits d'un mari, si coupable qu'il puisse être lui-même. Vous voulez dire, si je ne me trompe – permettez-moi d'employer des termes absolument sincères – que madame Favrol n'a jamais été votre maîtresse ?
– Est-ce que vous en doutez ? s'écria Pierre d'Arnaud.
Un sourire incrédule flotta de nouveau sur les lèvres du magistrat.
– Cher monsieur, dit-il, vous n'êtes ici aujourd'hui ni comme prévenu ni comme témoin. Je n'ai donc aucun droit à vous contraindre à des aveux qui répugnent, je le sais, à un homme du monde.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature