Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Si tost que nostre esprit raisonne tant soit peu En l’Auril de nos ans, en l’âge le plus tendre, Nous rencontrons l’Amour qui met nos cœurs en feu, Puis nous trouuons la Mort qui met nos corps en cendre. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Si tost que nostre esprit raisonne tant soit peu En l’Auril de nos ans, en l’âge le plus tendre, Nous rencontrons l’Amour qui met nos cœurs en feu, Puis nous trouuons la Mort qui met nos corps en cendre. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Dont les yeux furent enchantez. Le vert est l’ame des desirs, Et l’auant-coureur des plaisirs Que le doux Printemps nous apporte Lors que la Terre est en dueil, Lors que la Terre paroist morte Le vert la tire du cercueil. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ De ces fresles Beautez de qui les Destinées Ont borné les années. La Mort n’a point d’empire où règne sa beauté, Tandis que le Soleil aura de la clarté, Ses yeux qui m’ont rauy ma liberté premiere Auront de la lumiere. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Des Cieux, des Elemens, des pierres & des plantes. Obseruant la Nature aux formes inconstantes, Tu lis tous les decrets que minute le Sort, Et peus haster le cours, ou reculer la mort De tout ce que le Monde a de choses viuantes. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Au iugement des bons esprits, Le vert emportera le prix Sur les couleurs les plus nouuelles. Ce qu'est la Rose entre les fleurs, Ce qu'est Philis entre les Belles, Le vert l'est entre les couleurs. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Par quelle estrange cruauté Veut-on garder vostre beauté, Et vous tenir ainsi contrainte ? Dieux ! vostre humeur qui n’aime rien Et tant de fantosmes de crainte, Vous gardent-ils pas assez bien ? ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ L’esclat de ses beaux yeux, de ces Rois de mon Ame, Par qui l’Astre du iour se verroit effacer. Dieux ! le pourtrait d’Iris est si beau qu’on l’admire : Mais la Nature en elle a voulu surpasser Tout ce qu’on peut penser, & tout ce qu’on peut dire. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ CHANSON. LES vents qui se sont déchaisnez Courans par tout à l’auanture, Ne sont pas si fort mutinez Contre les loix de la Nature. Durant la plus belle saison Que mon penser l’est contre ma raison. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ De tout ce que l’on void de parfaites Beautez : Et que ce rare obiect a bien plus d’aduantage Sur le plus beau visage Que le Soleil n’en a sur les moindres clartez. Mais ses vertus incomparables Sont vrayment adorables ; Rien n’est égal aux dons qu’elle a receus des Cieux : Et quelque doux apas que tout le monde y loüe, Il faut que l’on auoüe, Que son ame est encore plus belle que ses yeux. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Se iette entre mes bras malgré tant de ialoux, Et tant d’empeschemens qui sont si difficiles. Sommeil dont la bonté merite des Autels, Si les biens que tu fais n’estoient point si fragiles Tu serois le plus grand de tous les Immortels. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ EN ces tristes deserts, où s’areste la Cour, I’entretiens vostre Image au doux bruit des fontaines ; Et me plains de l’absence aux sablons d’alentour Qui n’ont pas tant de grains que mon cœur a de peines. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Nous veulent empescher l’vsage ; Moquons nous de cette rigueur, N’obeissons que du visage Et soyons rebelles de cœur. Ne pouuons nous pas nous aimer Sans esclat, & sans alarmer Toutes ces Ames insensées ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ LES MEDECINS TEMERAIRES.SONNET. VOYANT dessouz vn Ciel ma Clorinde en langueur, Mille Amours desolez pleurent de son martire, S’entredisans tout bas, que la mesme rigueur Qui change ses beautez, destruira leur Empire. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ De voir diminuer l’ardeur qui me tourmente. Dieux ! quelle est la Beauté qui cause ma langueur ? Plus elle est negligee, & plus elle est charmante, Plus son poil est espars, plus il presse mon cœur. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Voulez vous butiner de plus riches tresors Que n’en ont tous les lieux que le Soleil esclaire ? Sans courir l’Ocean, ny rauager ses bors, Venez voir ma Princesse, & taschez de luy plaire : Vous pourriez conquerir, s’il plaisoit au Destin Les terres du Couchant, les climats du matin, Et l’Isle dont la Rose est la Reine de l’onde : Vous pourriez asseruir l’Estat des fleurs de Lys, Vous pourriez imposer des loix à tout le Monde, Mais tout cela vaut moins qu’vn baiser de Philis. L'Excusable Erreur.SONNETQUE l'obiect est diuin qui s'est fait mon vainqueur ! ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Claires eaux qui lauez des fleurs Ainsi que mes pleurs, Vostre cristal a pour moy quelques charmes : En mon affliction i’aime à voir vostre cours, Il ressemble à mes larmes La Mort a fait qu’elles coulent tousiours. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Appren moy ma Raison, quel conseil ie dois suiure ? Sans espoir de secours ie souffre nuict & iour, Et quand ie veux mourir, ie suis contraint de viure De crainte que ma mort parle de mon amour. LE VOL TROP HAUTAIN.SONNET. C’EST trop d’oser aimer vne Diuinité, Gardons de souspirer parmy la violence ; Il faut que mon respect par vn profond silence Responde à la grandeur de ma fidelité. Obiect digne & charmant, mais plein de cruauté, I’ay seruy sans espoir, ie meurs sans repentance, Et l’on peut me nommer vn Phenix en constance Que prend pour sa victime vn Soleil en beauté. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ De qui l’esclat te face enuie Comme font auiourd’huy les beaux yeux de Siluie ? Et dessous l’amoureuse loy Cognoy tu quelque Amant plus mal traité que moy ? Depuis que ie la sers, les Cieux m’en sont tesmoins, Les soupirs & les pleurs sont mes seuls exercices ; Mais l’ingrate qu’elle est, rebute tous mes soins Et se rit de tous mes supplices, Et le ressentiment de tant de longs seruices Ne sçauroit porter son orgueil À tourner seulement les yeux vers mon Cercueil. Cruelle, à qui mes maux ne font point de pitié, Et que par mes deuoirs ie rens plus inhumaine ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Qui n’ont plus ny de vœux ny de solemnitez, Et dont l’Autel glacé ne reçoit point de presse. Car vous voyant si belle, on pense à vostre abord Que par quelque gageure où Venus s’interesse, L’Amour s’est déguisé souz l’habit de la Mort. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Les plus superbes Rois qu’enuironne la Gloire, Et que suit la Victoire Par tout où marche leur courroux, Fussent-ils esleuez dans l’humeur la plus vaine Ne pourroient obseruer le sujet de ma peine Sans en estre ialoux. Le deshonneur que fait le beau teint que i’adore À celuy de l’Aurore, Leur feroit receuoir sa loy. Ils poseroient leur Sceptre aux pieds de cette Belle Et quitteroient l’honneur de commander comme elle, Pour seruir comme moy. L’or de ses blonds cheueux qu’esmeut vn doux Zephire Vaut celuy d’vn Empire, Leur esclat n’a point de pareil. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Aimons l’Autheur du monde, il est sans inconstance, Sa bonté pour nos vœux n’a point de resistance, Nous pouuons en secret luy parler nuit & iour : Il cognoist nostre ardeur & nostre inquietude, Et ne reçoit iamais de traits de nostre amour Pour les recompenser de traits d’ingratitude. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Qui n’ont rien de froid ny de sombre : Que l’Aurore en versant des pleurs, Seme des perles sur les fleurs, Et qu’on a des plaisirs sans nombre Quand on peut trouuer assez d’ombre Pour se deffendre des chaleurs. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Portant ma renommée au bout de l’Vniuers, Estande ma memoire au delà de ma vie : I’en veux moins acquerir d’honneur que d’amitié, Les autres ont dessein de donner de l’enuie, Et le point où i’aspire est de faire pitié. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Et quel crime ay-ie fait pour me voir condamné À me plaindre tousiours sans que l’on me responde ? Aux peines que ie prens ie seme dessus l’onde, Et flattant les beaux yeux qui m’ont empoisonné Ie ne puis esmouuoir vn courage obstiné D’vne amour qui pourroit esbranler tout le Monde. Pleuray-ie incessamment, on se rit de mes pleurs, Monstray-ie mes soucis, on les prend pour des fleurs, Contay-ie mon ardeur, on ne croit point ma flame. Et lors que i’ay la Terre & les Cieux pour tesmoins, Qu’auec le plus d’excés on outrage mon ame, C’est quand on fait semblant qu’on y pense le moins. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Las ! depuis qu’elle y dort, iamais ie ne repose, Et s’il faut en veillant que i’y songe tousiours, Celuy qui des mortels à son vouloir dispose, Esteignit ce Soleil au milieu de son cours ; La charmante Philis passa comme vne Rose, Et sa beauté plus viue, eut des termes plus courts. La Mort qui par mes pleurs ne fut point diuertie, Enleua de mes bras cette chere Partie D’vn agreable Tout qu’auoit fait l’amitié. Mais ô diuin Esprit qui gouuernois mon ame, La Parque n’a coupé nostre fil qu’à moitié Car ie meurs en ta cendre, & tu vis dans ma flame. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Au reste auec l’honneur d’estre nay genereux Et de sçauoir lancer & le dard & la pierre, Ie m’imaginerois estre bien mal-heureux Si ie n’estois bon qu’à la guerre, Pour respandre tousiours du sang dessus la terre, Et que mes ieunes sentimens N’eussent iamais faict place à d’autres ornemens. Ie n’ay pas simplement cette noble fierté Qui protege par tout vne foible innocence : Mon esprit que vos yeux priuent de liberté, N’est point priué de cognoissance : Ie sçay le cours des Cieux, & cognoy la puissance De cent racines de valeur Qui peuuent tout guerir excepté ma douleur. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ La belle se peut asseurer, Que ie la destachay sans la considerer. Depuis que de vos yeux l’ardeur me vint saisir, Mon ame qui tousiours languist dans la souffrance, Pour les autres Sujets n’a point plus de desir Que vous me laissez d’esperance : Et ie voy des Beautez auec indifference, Que de leur celeste sejour Les Dieux ne sçauroient voir qu’auecque de l’amour. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ CRoyez moy, vous marchez sous de mauuais auspices, Vous prenez pour vn corps vne vaine vapeur : Vous courez sur la glace & n’auez point de peur Quand ses extrémitez pandent en precipices. L’espoir qui vous promet des biens & des delices, Est fondé sur la foy d’vn fantosme trompeur. Le poignard est tout prest de vous percer le cœur, Et si de vostre mort vous aimez les complices. Mais quoy ? ie parle en vain, vous ne m’escoutez pas : Vn desir aueuglé va transportant vos pas : De honte & de regret l’impudence est suiuie. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Que des souspirs de flame, & des larmes de sang. Encore que mes vers déguisans son orgueil Par de si beaux efforts la sauuent du cercueil, La faisant adorer de l’un à l’autre Pole ; L’inhumaine qu’elle est, se rit de mon trespas. Et me pouuant guerir d’vne seule parole, Fait mesme vanité de ne la dire pas. Puisque d’vn si beau ioug ie ne puis m’affranchir, Et que tous mes deuoirs ne peuuent la fleschir, Par vn dernier effort contentons son enuie : Cessons d’estre l’Obiect de tant de cruautez, Et sortans de ses fers en sortant de la vie, Tesmoignons vn courage égal à sa beauté. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Tu ne fais plus rien que cracher, Et toute la terre s’estonne De te voir encore marcher. Mais on ne vit plus si long-temps : Ton corps deuenu pourriture, A payé depuis cinquante ans Ce qu’il deuoit à la Nature ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ OLINDE, vos appas ont enchanté mes sens, Vos beaux yeux ont versé du poison dans mon Ame, Et vos honteux regards sont des traicts innocens Contre qui la Raison ne sçait point de Dictame. Les Dieux qui sont ialoux des peines que ie sens Bruslent pour vous là haut d’vne secrete flame, Et comme eux vous auriez des vœux & de l’encens Si vous n’estiez point sourde alors qu’on vous reclame. Perdez pour vostre honneur ces inhumanitez, Ayez ceste douceur qu’ont les Diuinitez Qui ne s’offencent point voyant qu’on les adore. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Il faut que le Printemps pousse des fleurs, auant que l’Automne produise des fruits. C’est vn ordre de la Nature qui se rencontre dans le cours de nôtre vie, comme dans celuy de l’année. Aussi ie vous donne ces ouurages qui sont faits seulement pour plaire, attendant que i’en mette d’autres au jour, qui puissent plaire & profiter tout ensemble. Cela fera voir, que pour reparer la perte du temps que i’ay employé à écrire sur des matieres vaines & fragiles, i’ay mis aumoins quelque loisir en des trauaux plus vtiles & plus serieux : Cependant voyez ces Vers, où ne les voyez pas ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Tandis qu’vn bruict confus regne auec la lumiere, Ma paßion est prisonniere ; Ie crains d’estre apperceu, i’ay peur d’estre escouté : Il faut que ie me taise, & que ie dißimule, Mais sous ton cours muet ie prens la liberté D’entretenir les feux de celuy qui me brusle. Ie dirois qu’auiourd’huy leur fatale puissance Auroit trahy mon innocence, Et forcé mon esprit d’aimer si hautement ; N’estoit qu’en si beau lieu mon ame est enchainée, Qu’on peut à voir mes fers iuger facilement Que i’aime par raison plus que par destinée. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Ie ne sçaurois en ce point déplorable Estre plus sage, estant si miserable. S’il vous plaist donc qu’embrassant vos Autels, Ie me reduise au deuoir des Mortels : Si vous voulez que i’estouffe ma plainte, Et que mon cœur reprenant vostre crainte, Vous rende encore des soings si negligez ; Rendez Phillis à mes yeux affligez : Pour vostre gloire ainsi que pour ma ioye, Qu’elle reuienne, & que ie la reuoye. Pourquoy faut-il que cét Astre d’Amour Ne fasse pas comme l’Astre du iour ? Ce grand flambeau si necessaire au Monde, Ne se tient pas tousiours caché dans l’onde ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Acante qui la void indifferente à tous ses seruices, explique les froideurs à quelque espece de mespris, apprehende que ses deuoirs ne luy soient pas agreables, & qu’il ne puisse voir reüssir les vœux qu’il fait pour cét himenée. Il se forme de ces pensées, mille matières de douleur, & se laissant emporter aux mouuements de son amoureux Genie, tasche par toutes sortes d’artifices, de representer sa passion, & de porter insensiblement sa Siluie à faire plus d’estat de ses soins. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Ne se modere point le soir ny le matin. La nuit humide & froide incitant au repos, A beau se presenter d’Estoilles couronnée ; Pour donner quelque tréve aux funestes propos Que ie tiens toute la iournée. Tous les autres humains changent de destinée Portans les marques du trespas, Mais moy ie suis plus mort & si ie ne dors pas. De l’esprit & du corps errant de tous costez, Ie ne fay que me plaindre en cette inquietude ; Car tousiours mon penser me dépeint vos Beautez Auecque vostre ingratitude. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Tu viens de tes humides mains Clore doucement nos prunelles : Sommeil, entre les Immortels Tu merites bien des Autels. L’homme lassé de l’exercice, Periroit sans ton bon office ; C’est toy Sommeil qui le remets. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Toutes les matieres de pleurs, Et tous les plus cruels mal-heurs Qui font souspirer l’innocence ; Au prix de maux que fait l’absence, Ne sont rien que ieux & que fleurs. Des douleurs qu’on souffre en aimant, La peine de l’esloignement Se peut seule nommer extréme ; On peut trouuer du reconfort Aux autres iniures du Sort : Mais se diuiser de soy-mesme, Et viure loin de ce qu’on aime Il vaudroit autant estre mort. L’absence apporte vne langueur Qui deschire par sa rigueur Le tyssu des plus belles trames ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ À l’enuy de l’ardeur qui me vint embraser : Ie ne croy pas iamais en auoir vn baiser, Ny luy voir seulement vne main toute nuë. Apres tant de souspirs & de pleurs respandus, Apres tant de loisirs & de pas despendus Voila ce que remporte vne amour si fidelle : Et son ingrate humeur me reduit à tel point Que mon dernier secret, pour me faire aimer d’elle, Est de faire semblant que ie ne l’aime point. L’AME INSENSIBLE.SONNET. Ô Fierté sans exemple ! ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Ie te diray que sa Maistresse est vne des plus parfaites personnes du monde, & que l’on y treuue tout ensemble, vne grande naissance, des vertus rares & des beautez merueilleuses : de sorte qu’il semble qu’à l’enuy, la Nature & le Ciel se soient efforcez à qui luy feroit le plus de graces : sa presence est vn charme ineuitable aux belles ames, & les moindres de ses actions sont extrémement rauissantes. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Vous ne craignez point de pecher Et si vous craignez vos censures. Quand le destin vous vient forcer À souffrir qu’vn objet vous blesse, Vous ne voulez pas confesser Que vous ayez quelque foiblesse. ”
Tristan L’Hermite, Les Amours de Tristan
“ Qui tombe entre les mains d’vn insolent vainqueur ! Insensible sujet qui ris de ma langueur ; Et te mocquant de voir vn mal incomparable, Fais vanité de ioindre vne extréme rigueur À l’extréme Beauté qui te rend adorable. ”
