Résumé

Portrait de Victor Cherbuliez Victor Cherbuliez L’Espagne politique. — III. — Les commencemens de la république espagnole

Le peuple espagnol se compose en grande partie de véritables enfans de la nature, qu’on peut dans l’occasion faire sortir de leur naturel ; — ce transport ne dure guère, ils en reviennent par une pente fatale à préférer un plaisir à une idée, un air de mandoline à un raisonnement. Quand le fanatisme leur prend le cœur, c’est par les yeux qu’il est entré. Ils ne haïssent pas la société, mais ils sont capables de haïr jusqu’à la mort le froc d’un moine soupçonné d’être l’espion des carlistes, ou l’éperon du conquérant qui chevauche au travers de leur patrie et de leurs souvenirs.
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Portrait de Victor Cherbuliez Victor Cherbuliez L’Espagne politique. — III. — Les commencemens de la république espagnole

La maladie des démocrates en tout pays est l’esprit de coterie ou d’intolérance ; ils se flattent de pouvoir être impunément exclusifs ; ils se plaisent à multiplier les difficultés avant d’admettre un catéchumène dans la communion des fidèles, quand il leur importe au contraire plus qu’à tout autre parti d’acquérir partout des adhérens. La république n’étant une vérité que si elle repose sur la souveraineté nationale, on ne peut concevoir qu’elle devienne la propriété, d’une secte qui, pour justifier son privilège, invoque une sorte de droit divin et le mystère d’un dogme.
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Si la reine Isabelle est tombée, c’est moins pour certaines mesures arbitraires et violentes, qui indignaient la conscience publique, que pour les gages que son inexcusable repentir donnait au clergé, — et la première chose qu’ont faite les auteurs de la révolution de septembre fut de promettre à la nation la complète tolérance religieuse. Étrange pays où la liberté manque moins aux cultes que les cultes ne manquent à la liberté, et qui ne laisse pas de tenir énergiquement à cette liberté inscrite dans la loi, parce qu’elle avertit le prêtre que l’état ne lui appartient plus.
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