Victor Féli

Résumé

Victor Féli Coeur donnant (1949)

Tout à coup, le fin visage émacié se colora d'un rose délicieux, un émoi profond anima les yeux tendres... Tante Hélène avait vingt ans!
« Qu'elle dût être ravissante !... si délicate, un saxe, une fleur!... » se dit M. Arvey.
Le fugitif éclat disparut et le docteur continua : — L'amour ne comporte pas la parité entre les deux êtres qui s'aiment... et sans raison, en général. C'est dangereux, un tel risque, j'en conviens, et mieux vaut être « assortis », selon l'expression populaire. Alors, c'est la chance. Or, dans les deux cas, si l'amour est vrai, il résiste aux heurts de la vie.
Source : Gallica

Victor Féli Coeur donnant (1949)

Ils étaient morts ! et, entre tous, lui ! lui ! Alors le grand coup d'aile mystérieux passa, si lourd sur le cœur arrêté... Qui donc venait?
Un calme solennel parut suspendre toute vie, et celle que nulle faiblesse n'avait effleurée murmura : « Ronald ! Ronald ! » — l'amour unique parmi ses autres amours.
Dans l'atmosphère d'au-delà, les minutes s'ajoutaient aux minutes.
Tante Hélène, j'ai frappé plusieurs fois. Puis-je entrer? C'est moi, Lizie.
— Oui, oui, ma chérie.
Et la jeune fille, qui vint se pencher sur son amie, ne retrouva, dans la douce physionomie, que le sourire habituel.
Source : Gallica

Victor Féli Coeur donnant (1949)

Une protestation éperdue lui répondit :
— Mon Joël ! Mon héros !
Il protesta à son tour, puis il répéta :
— Ne pensons qu'à notre amour.
— Oui, oui.
Cependant les yeux bleus étaient encore humides, et Lizie murmura :
— Mon « Chemineau... »
Mais il n'y avait plus de « Chemineau douloureux ». Seul, un être enivré dont le cœur battait contre le sien. Ils demeurèrent silencieux, hors du temps...
Une féerie les environnait. Le ciel empourpré,
la mer chantante et bleue, les rayons adoucis du couchant, des roses, des roses !
Source : Gallica

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