auteur:anonyme

Résumé

auteur:anonyme Le Roman de Renart

« Compère, » lui dit Renart, « nous allons voir qui de nous deux a droit. Vous m’avez cherché querelle à propos de dame Hersent : quelle folie de vous être soucié de si peu de chose, et comment peut-on mettre confiance dans une femme ! Il n’en est pas une qui le mérite ; d’elles sortent toutes les querelles, par elles la haine entre les parens et les vieux amis ; par elles les compères en viennent aux mains ; c’est la source empoisonnée de tous désordres. On me diroit d’Hermeline tout ce qu’on voudroit, je n’en croirois pas un mot, et je ne mettrois pas assurément ma vie en danger pour elle. »
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auteur:anonyme Le Roman de Renart

« Allons, » dit Primaut, « le mal n’est pas aussi grand qu’il pouvoit être : je m’en suis tiré ; et si tu veux manger à ton tour, je t’apporte de la chair de vilain : il n’est rien de tel ; quant à moi, je la préfère à celle du porc. — Je pense autrement que vous, » répond Renart ; « par l’amour que je porte à mon fils Malebranche, la chair de vilain, qu’elle soit blanche ou noire, sera toujours de vilain : je n’y voudrois toucher pour rien au monde, je me croirois à jamais souillé. »
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auteur:anonyme Le Roman de Renart

Renart lève la tête et salue Tiecelin qu’il voit fièrement campé, le fromage dressé dans les pattes. « Oui, je ne me trompe pas ; oui, c’est damp Tiecelin. Que le bon Dieu vous protège compère, vous et l’ame de votre père, le fameux chanteur ! Personne autrefois, dit-on, ne chantoit mieux que lui en France. Vous-même, si je m’en souviens, vous faisiez aussi de la musique : ai-je rêvé que vous avez longtemps appris à jouer de l’orgue ? Par ma foi, puisque j’ai le plaisir de vous rencontrer, vous consentirez bien, n’est-ce pas, à me dire une petite ritournelle. »
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