Résumé

Portrait de Édouard Thierry Édouard Thierry Les voix de Paris : essai d'une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale… (1857)

Son cri est extrêmement dur. Les chats fuient à son aspect. » Le cri féminin de la marchande de vieux chapeaux ne déride pas le triste observateur : « Telle est la destinée d'un feutre, dit-il; il commence, encore en poil, à être annoncé par le crieur, peaux de lapin; et après avoir orné une tète de savant, il finira, tout crasseux, sur les épaules d'une crieuse de vieux chapeaux, qui l'abandonne à un manœuvre ignorant, pour qui toute érudition est perdue. Si l'on pouvait écrire l'histoire des chapeaux, elle ressemblerait fort à celle des têtes humaines : vicissitude éternelle. »
Source : Gallica

Portrait de Édouard Thierry Édouard Thierry Les voix de Paris : essai d'une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale… (1857)

A bas la Montagne! vive Tallien! —1796 enfin, qui pousse le cri final et suprême : Vive le 18 brumaire! vivent les consuls! vive le pain! (1) Rien de musical, d'ailleurs, dans aucun de ces cris. L'émission de la voix humaine, sous l'empire des émotions politiques, a quelque chose d'âpre, de fougueux, de désordonné. Les organes sont faux et criards, quelquefois rauques et sourds, comme si la haine et l'ambition, de même que la peur, avaient pour effet de serrer le gosier. Non, ce n'est pas là du chant, ce ne sont pas non plus des cris, ce sont des hurlements.
Source : Gallica

Portrait de Édouard Thierry Édouard Thierry Les voix de Paris : essai d'une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale… (1857)

La musique profane, qui grandit si rapidement à côté de la musique sacrée vers la fin de cette période, s'inspira dès l'origine des vieilles chansons, des vieilles mélodies criées et conservées dans le peuple. Les cris parisiens ne furent pas oubliés par elle, et du XVIe siècle jusqu'à nos jours, ils figurèrent plus d'une fois dans des compositions qui appellent à divers titres l'attention de la critique d'art. Enfin ce qui avait eu de l'attrait et du charme pour la muse du poëte et pour celle du musicien séduisit aussi l'imagination ardente du peintre.
Source : Gallica

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