Fergus MacIvor

Définition et enjeux

Paul Féval Les Mystères de Londres

Fergus semblait méditer. Mac-Farlane, les coudes appuyés sur la table, le front à deux pouces de son dirk, fiché dans la planche de chêne, suivait le cours d’une sombre rêverie. Ce fut lui qui reprit le premier la parole :
— Allons, allons ! dit-il avec un éclat de joie forcée, buvez, mon frère Fergus ! Nous sommes ici pour fêter votre bien-venue, pardieu !... Il y a des gens plus malheureux que nous !... J’ai une bonne femme qui m’aime et deux jolis petits anges qui sourient à mon réveil... Ah ! si la pauvre Mary était là !... Mais au diable la tristesse, O’Breane !
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Paul Féval Les Mystères de Londres

Mac-Farlane prononça ces dernières paroles à voix basse et d’un ton de douloureux reproche. Fergus fut ému jusqu’au fond de l’âme, mais il n’en laissa rien paraître.
— Les cheveux peuvent blanchir avant l’âge, prononça-t-il froidement, — le front se rider, le regard s’éteindre, mais le cœur d’un homme ne doit point, si cruelle que soit l’épreuve, se courber sous le sort ou s’engourdir.
— Et qui vous a dit que mon cœur ait fléchi, Fergus O’Breane ? demanda l’Écossais en redressant brusquement sa haute taille.
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Paul Féval Les Mystères de Londres

Angus demeura un instant comme atterré, puis il se jeta, les bras ouverts, entre la porte et Fergus.
O’Breane ! s’écria-t-il en sanglotant comme un enfant ; — mon frère, ayez pitié de moi !... Il faut bien que je venge ma pauvre sœur !... notre sœur Mary, que vous aimez comme moi... Ne me quittez pas ainsi... Oh ! ce serait une heure de malédiction, Fergus, que celle où vous fuiriez irrité le toit de Mac-Farlane... Restez, restez, au nom de Dieu !
— Je ne suis pas irrité, mon frère, répondit Fergus avec calme ; — la douleur n’est pas de la colère.
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