William Morris,
Nouvelles de nulle part
“ et ce marché mondial, une fois mis en train, les obligeait à continuer de fabriquer plus de produits, et toujours plus de produits, qu’ils en eussent besoin ou non. ”
William Morris,
Nouvelles de nulle part
“ et ce marché mondial, une fois mis en train, les obligeait à continuer de fabriquer plus de produits, et toujours plus de produits, qu’ils en eussent besoin ou non. ”
“ Tous les peuples devront donc s’adapter au degré d’organisation, d’instruction, de volonté du plus fort. Toutes ces qualités, en effet, viennent se matérialiser en un produit placé sur un marché mondial. Le produit supérieur fait baisser la valeur de tous les autres. ”
William Morris,
Nouvelles de nulle part
“ Il est évident, d’après tout ce que nous avons entendu dire et lisons, qu’à la dernière époque de la civilisation, les hommes se trouvaient dans un cercle vicieux, quant à la production des biens. Ils avaient atteint une merveilleuse facilité de production et, afin de tirer le meilleur parti de cette facilité, ils avaient peu à peu créé (ou, plutôt, laissé se former) un système extrêmement compliqué de vente et d’achat, que l’on a appelé le marché mondial ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Aussi n'introduisait-il aucun facteur de variation notable dans le pourcentage des coûts totaux de production dans les divers pays, le marché du coton brut étant alors un marché mondial au sens le plus large du terme (1) . Les prix de ce marché, que les industriels devaient payer à quelque moment que ce fut, étaient déterminés par les cours mondiaux cotés dans des centres tels que la Nouvelle-Orléans, Bombay, Alexandrie ou Liverpool. ”
Henri Hauser, La modernité du XVIe siècle (1963)
“ Viennent maintenant les découvertes maritimes du XVe siècle, l'ouverture de débouchés immenses et de nouveaux centres de production, l'afflux subit en Europe d'une quantité énorme de métaux précieux, et l'on pourra dire avec Marx : « Le commerce mondial et le marché mondial inaugurent au XVIe siècle la biographie moderne du capital 4. » En ce seizième 1. Ibid., II, p. XIII. 2. Ibid., n° 86. 3. Western Civilization in its Economie Aspect : Mediaeval and Modern Times, Cambridge, 1900. ”
William Morris,
Nouvelles de nulle part
“ L’appétit du marché mondial croissait en raison du travail dont il se nourrissait : les pays compris dans le cercle de la « civilisation » (c’est-à-dire la misère organisée) regorgeaient des rebuts du marché, et la force et la ruse étaient employées sans frein à « ouvrir » des pays hors de ces limites. Ce procédé d’« ouverture » est étrange pour quiconque a lu les professions de foi des hommes de cette époque, mais n’a pas pénétré leur manière d’agir ; c’est peut-être ce qui nous montre au pis la grande tare du dix-neuvième siècle : ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ En conséquence, l'importance relative de la Grande-Bretagne sur le marché mondial du coton n'a cessé de diminuer. Depuis 1939, la chute de la production s'est encore accentuée, comme en témoigne le tableau de la page 203, qui rend compte, par ailleurs, des progrès enregistrés par les Etats-Unis, le Brésil, le Canada et les Indes britanniques. (1) Selon des calculs établis par le « Board of Trade Journal » (24/9/36) , on pouvait alors adopter en moyenne comme base de conversion pour la production du Royaume-Uni : 11,058 yards carrés = 1 kg. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Sur les territoires des pays consommateurs de coton Les pays dont les conditions climatiques se prêtent à la culture - du coton avaient déjà, au cours de la première guerre mondiale, essayé de subvenir eux-mêmes aux besoins de leur industrie cotonnière. Cette tendance fut encore accentuée par la crise et les circonstances de la guerre de 1939-45. C'est ainsi, en particulier, que les pays de l'Europe balkanique et méditerranéenne sont devenus des producteurs de coton. Leur importance sur le marché mondial demeure cependant encore très faible. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ La mécanisation qui se développe et la stabilisation économique du temps de paix qui ne manquera pas de ramener vers le sud la main-d'œuvre absorbée par les usines du nord pendant la guerre, permettront la reprise de la production cotonnière. Toutefois, ce changement de situation, surtout l'accélération de la mécanisation, reste essentiellement un problème de crédit : c'est, aufond, le seul problème qui se pose actuellement.Reste à savoir ce que deviendra le marché mondial du coton si les U.S.A. reprennent leur place d'avant guerre. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial de l'étain (1952)
“ L'adaptation de la production à la ligne de tendance de la demande serait effectuée avec le souci de laisser jouer la concurrence des producteurs jusqu'à l'obtention du plus bas prix compatible avec cet objectif. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Par la compression de leurs prix de revient ou par le jeu de leurs politiques commerciales, les grands pays manufacturiers s'efforcent de conserver leurs marchés extérieurs, tandis que les producteurs de moindre importance visent à protéger leur marché intérieur. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Tous les pays qui possèdent une industrie cotonnière n'interviennent pas dans le commerce mondial des produits semi-finis et - finis. On estime qu'un sixième seulement des articles de coton fabriqués étaient exportés avant la guerre. Le Royaume-Uni et le Japon alimentaient à eux seuls la moitié de l'exportation totale. Quant aux importateurs, les plus importants se situent dans les zones tropicales et équatoriales dont l'industrialisation est encore peu développée. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Actuellement la répartition de l'offre et de la demande entre les différents pays producteurs et consommateurs continue à se ressentir des effets de la guerre qui a provoqué des modifications profondes dans la structure du commerce mondial. La grande nouveauté c'est que les Etats-Unis, pays anciennement débiteur, deviennent créditeurs et cessent d'être le grand exportateur. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Alors que l'ensemble de la production des Etats-Unis, des Indes britanniques, de la Chine et de l'Egypte représentait 91,6 du total mondial au cours de la période 1909-1910/1913-1914, elle n'était plus que de 74,30 de 1934-1935 à 1938-1939 et de 68,8 en 1945-1946. La différence marque les progrès enregistrés par la production des cotons « divers ». Parmi les nouveaux grands producteurs, il convient de mentionner spécialement le Brésil, qui en 1945 a fourni 9,1 de la récolte mondiale contre 6,0 seulement au cours des années 1934-1935/1938-1939. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ L'élaboration de cette entente serait d'ailleurs extrêmement difficile, car les tissus de coton sont de qualités et de variétés trop différentes pour qu'on puisse espérer en contrôler, dans le cadre mondial, la production et le commerce. Aussi faut-il s'attendre à ce que dans l'avenir une concurrence acharnée continue à régner entre pays ou groupes de pays et que L'importance de l'industrie cotonnière de la Grande-Bretagne et du Japon diminue encore au profit de celle des nouveaux pays producteurs. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Les besoins en tissus de coton sont, en outre, quasi-universels et chaque pays tend à s'affranchir des grands producteurs, en fabriquant lui-même les étoffes dont il a besoin. Il en résulte que l'industrie cotonnière a enregistré un développement considérable au cours des dernières décades, développement dont on peut mesurer l'importance en étudiant, d'une part, les facteurs de la production et, d'autre part, le volume et la valeur des produits filés et tissés qui sont fabriqués. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Mais, à leur tour, les autres producteurs encouragés par des prix favorables, développent leur acréage, si bien que la quantité de coton mise sur le marché ne cesse de croître. La demande, cependant, varie peu d'une année à l'autre. L'usage des cotonnades répond à un des plus impérieux besoins de l'humanité, celui de se vêtir. Tandis que l'emploi des étoffes de laine est limité aux pays de climat froid, tempéré ou méditerranéen, que celui de la soie est localisé dans les pays dotés d'une civilisation raffinée et d'une certaine richesse, le coton, lui, est utilisé dans le monde entier. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ L'industrie brésilienne semble actuellement en pleine extension et théoriquement elle est susceptible d'absorber des quantités croissantes de coton, tout en laissant un vaste champ d'action à une exportation plus intense. Mais cette industrie est encore peu organisée et son prix de revient est maintenu à un taux excessif parce que les machines utilisées sont trop vieilles et que les techniques employées laissent à désirer. Il semble donc que le Brésil risque en ce domaine un échec industriel, s'il lui est impossible de lutter économiquement avec les Etats-Unis. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Les Etats-Unis, soucieux d'éviter les incidences graves sur leur territoire d'une exportation trop irrégulière, comptent bien consommer eux-mêmes la totalité de leur production. Les Indes britanniques, la Chine et l'U.R.S.S. accentueront leur tendance à développer leur industrie textile et chercheront à couvrir eux-mêmes leurs énormes besoins. Le Brésil et l'Egypte sont désireux également d'employer dans leurs propres manufactures leur production de fibres de coton, mais n'ont pas une population suffisante pour absorber la totalité de leur récolte. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ La production des filés et des tissus de coton ne constitue plus, nous l'avons vu, le monopole des pays particulièrement bien placés, quant à leur approvisionnement en matières premières, à leur équipement industriel ou à leur main-d'œuvre. Chaque pays est, en effet, à même de mettre sur pied, avec des capitaux modérés, une industrie cotonnière, si bien que la concurrence des exportateurs dans la recherche des débouchés est devenue particulièrement intense. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ La deuxième guerre mondiale a bouleversé les marchés traditionnels des tissus de coton. La Grande-Bretagne et le Japon ne dominent plus l'exportation : beaucoup de leurs anciens clients subviennent aujourd'hui à leurs propres besoins ou bien s'approvisionnent à d'autres sources. Les pays exportateurs n'en essayent pas moins de retrouver leurs débouchés, mais dans la plupart des cas leurs efforts sont paralysés par l'insuffisance de leur production, et surtout considérablement gênés par le cloisonnement des exportations du fait des contingents. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ En outre, certains pays qui produisent des variétés déterminées de filés les exportent dans des pays dont la production, en ce qui concerne les variétés en question, ne suffit pas à leurs besoins. Un même pays, enfin, peut être, à la fois, importateur et exportateur de filés de coton; le Royaume-Uni, par exemple, dont l'exportation est si considérable, importe cependant des filés de coton des Pays-Bas, de la Belgique, de l'Inde, de l'Allemagne, etc.; la Chine, qui exporte des filés de coton dans l'Inde, en importe du Japon et du Royaume-Uni. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ L'évaluation de la consommation de coton brut est en effet une variable qui dépend de la finesse moyenne des filés fabriqués dans un pays donné, de la proportion entre les différentes qualités de fibres utilisées, du rapport entre le filage et le tissage. Le dénombrement des broches et des métiers installés fournit lui-même une idée erronée de leur capacité réelle de production, laquelle est fonction du degré d'utilisation et du perfectionnement mécanique de chaque outil. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Notons que, dans la majeure partie des pays consommateurs, le coton entre en franchise. Par suite de l'opposition des industriels qui se refusent à supporter les conséquences de l'encouragement à la production coloniale, aucun droit de douane ne frappe l'importation de coton. On vient en aide aux producteurs par le versement de subventions ou de primes à l'exportation. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Etats-Unis, Allemagne, France, Japon, etc., et les courants du coton brut se ramifièrent vers les nouveaux centres industriels de la zone tempérée. La multiplication de ces centres tend également à diminuer la distance de réexpédition des produits manufacturés. Une troisième phase voit la manifestation de deux tendances nouvelles : l'industrie se rapproche de sa matière première d'une part; elle se développe près de tout marché important de consommation d'autre part. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Ce dernier pays, actuellement, se substitue en partie aux EtatsUnis, en tant qu'exportateur. Malgré le développement appréciable de sa propre industrie textile, le Brésil dispose, en effet, d'excédents exportables chaque année plus élevés, d'un coton dont la qualité a été sensiblement améliorée au cours des dernières campagnes. Mais il semble bien qu'on ne ppisse voir là qu'un phénomène passager, car les U.S.A. pourraient bien développer à nouveau leur production et par là même reprendre l'exportation sur une vaste échelle. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ A cette cotation s'ajoutaient des frais de transport et, éventuellement, des droits de douane dans les pays qui, tout en devant importer des fibres, désiraient protéger les producteurs nationaux ou coloniaux de coton brut. L'industrie textile des pays qui produisaient, dans leur territoire ou dans leurs colonies, la totalité ou une partie importante du coton brut dont elle avait besoin, ne jouissait avant 1939 que de faibles avantages sur l'industrie des pays qui devaient importer la majeure partie ou la presque totalité de la fibre. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Mais les intérêts des différents pays producteurs de coton ne sont pas identiques au sein d'un éventuel cartel. Le coton, en effet, comparé à d'autres matières premières pour lesquelles des arrangements internationaux ont été conclus, a une gamme beaucoup plus étendue de qualités et d'utilisations; il est un élément d'exportation pour un plus grand nombre de pays; il est sujet à des changements annuels plus importants dans la récolte; en conséquence, il est plus difficile d'en régler les contingents d'exportation et d'importation. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ La guerre n'a fait qu'accélérer un mouvement qui se dessinait depuis de longues années, mais qui ne prit véritablement d'ampleur que pendant la crise déclenchée en 1929, quand les pays consommateurs, mais non producteurs de coton, s'efforcèrent d'accroître leur fabrication de fibres synthétiques pour réduire leurs importations de fibres naturelles. Dans le monde d'aujourd'hui on s'aperçoit que tous les pays créanciers produisent des fibres de coton et tous les pays débiteurs (plus les Etats-Unis, il est vrai) produisent des fibres artificielles. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Rappelons que le commerce du coton à l'état brut portait sur la moitié de la production mondiale. Ainsi, au fur et à mesure que le coton subit des transformations, il donne lieu à un commerce portant - sur un pourcentage plus restreint; les pays manufacturant le coton brut étant également, dans la majorité des cas, d'importants consommateurs. Comme le tissage est plus dispersé dans le monde que la filature, l'achat et la vente des fils de coton donne naissance à des courants commerciaux aussi intense que .ceux qui ont trait aux échanges de tissus de coton. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ On voit qu'aux , Etats-Unis, tout au moins, le coton sert autant à l'industrie - et à l'agriculture qu'à la satisfaction des besoins personnels et ménagers. Si l'on disposait de statistiques aussi précises concernant les autres pays consommateurs,'on constaterait probablement que dans les pays fortement industrialisés les pourcentages d'utilisation se rapprocheraient des pourcentages américains (1) , tandis qu'au contraire, dans les pays d'industrialisation récente la majeure partie des tissus de coton fabriqués serait utilisée pour l'habillement. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ Les difficultés statistiques auxquelles nous nous sommes heurtés en étudiant la production des filés et des tissus de coton se retrouvent lorsque nous abordons le problème de la consommation : données qui sont trop souvent incomplètes et exprimées en unités peu comparables entre elles. ”
Institut national de la statistique et des études économiques, Le marché mondial du coton (1948)
“ En outre, si à un moment donné, la recherche de la qualité peut être le principal objectif de la sélection, il est possible qu'au bout de quelque temps, la production d'un coton donnant une fibre excellente cesse d'être rentable et qu'il soit préférable de cultiver une espèce de moins, bonne qualité, mais fournissant des rendements supérieurs. ”
