Alfred Mayrargues

Élements biographiques

Alfred Mayrargues Rabelais : étude sur le seizième siècle (1868)

Nous ne comprenons que trop ce cri d'envie qui échappe à Panurge, et notre souvenir se reporte naturellement aux lettres que nous citions plus haut, à ces pages, où d'un ton presque famélique Rabelais implore « les aumônes » de Geoffroy d'Estissac.
N'oublions pas dans quel piteux état Pantagruel a trouvé Panurge. Si l'amitié du géant a empêché le pauvre diable de mourir de faim, l'affection de Jean Du Bellay a peut-être sauvé Rabelais du même destin. Le paradis en cette vie, disait Panurge, et devait penser Rabelais, était « d'avoir à manger à son saoul. »
Source : Gallica

Alfred Mayrargues Rabelais : étude sur le seizième siècle (1868)

L'effrayante doctrine de la prédestination et de la grâce devenait le fondement du calvinisme; elle terrifia le génie indépendant de Rabelais. Il répugna à s'incliner devant ce dogme impitoyable, qui condamne l'homme à n'être qu'une machine, et fait de Dieu un tyran capricieux, injuste, fantasque. Ce dogme, qui ne tend à rien moins qu'à l'abêtissement de l'être humain (nous n'en voulons pour preuve que le cri de douleur de Pascal) , ce dogme était élevé par Calvin comme un sombre défi, à la face de la Renaissance.
Source : Gallica

Alfred Mayrargues Rabelais : étude sur le seizième siècle (1868)

Quelle idylle que cette histoire des Dipsodes et des Utopiens, heureux, confiants et unis, quelle oasis au milieu de cet effrayant seizième siècle, un de ceux qui vit anéantir le plus de créatures humaines! L'œuvre de destruction y était universelle, car les cris des Romains et des Florentins massacrés montaient vers le ciel en même temps que les derniers chants de Dolet et des cardeurs de Meaux. Où donc Rabelais avait-il trouvé l'image de ces bons géants, où avait-il vu cette triple incarnation du monarque idéal, sinon dans son propre cœur?
Source : Gallica

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