André Lebey,
Sur une route de peupliers
(1912)
“ Vieil ami, c'est qu'un soir tu dois savoir le port D'où l'on voit ses vaisseaux fuir vers l'éternité. Si le destin, plus lourd qu'un tombeau, si la mort Et ce désespoir fier qui détruit sa clarté, N'ont pu broyer ton cœur ni su lui donner tort, C'est que la vie est bonne et qu'elle t'a porté. L'étoile du matin redit toute la nuit Au myre que l'aurore incertaine a surpris Penché sur l'astrolabe où son calcul s'achève; — Ainsi peut-être, au bout de la vaine aventure, Reconnaîtras-tu que ton âme et la nature Battaient d'un même rythme et vers le même rêve. ”

