Comte d’Haussonville, de l'Académie française

Élements biographiques

Comte d’Haussonville, de l'Académie française Revue des Deux Mondes

L’esprit de Claremont, c’était la résignation. L’esprit d’Esher, c’était l’activité et l’ambition, au sens le plus noble du terme. Au risque de me servir de mots que la génération nouvelle ne comprendra pas, je dirai qu’à Claremont on était pour la Fusion, c’est-à-dire pour la réconciliation des deux branches de la Maison de Bourbon. A Esher, on était partisan d’une politique qui fût de nature à plaire aux libéraux plus qu’aux légitimistes.
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Comte d’Haussonville, de l'Académie française Revue des Deux Mondes

Louis Veuillot a été très diversement jugé. « Avez-vous lu ce hideux article de Veuillot ? » écrivait un jour Montalembert à Falloux dans une lettre qui m’a passé sous les yeux, et si les catholiques libéraux parlaient ainsi du célèbre polémiste, on peut penser de quel ton s’exprimaient sur lui ceux qu’il prenait à partie dans un camp encore plus opposé au sien. L’esprit cependant fait pardonner beaucoup de choses en France. « Ce diable de Veuillot a tant d’esprit, ai-je entendu dire un jour à M. de Rémusat, que, s’il se présentait à l’Académie française, je serais capable de voter pour lui. »
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Comte d’Haussonville, de l'Académie française Revue des Deux Mondes

Ce qui n’empêche pas qu’une juste considération s’attache à ceux qui sont demeurés fidèles à un premier et unique serment, surtout lorsqu’à cette fidélité ils ont fait quelque sacrifice. Mais d’autres, très considérés également, tenaient que la formule du serment imposée à tout candidat à un mandat électif, — obéissance à la Constitution, fidélité à l’Empereur, — n’impliquait pas autre chose que la renonciation aux moyens de l’opposition révolutionnaire et n’engageait à rien vis-à-vis du chef de l’État.
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