Césarie Farrenc

Élements biographiques

Césarie Farrenc Ambition et simplicité (Nouvelle édition… (1850)

Pauvre enfant! reprit M. Germon ; j'avais espéré, en t'élevant dans la simplicité de cœur et dans le travail, garantir ton âme du désir de figurer comme acteur sur cette scène perfide du monde : je me suis trompé dans mes calculs pour assurer ton bonheur. Ainsi qu'un jeune oiseau qui sent pousser ses ailes et qui cherche à s'envoler hors du nid, tu aspires, toi aussi, Paul, à t'élancer dans une vie nouvelle; tu veux essayer tes forces. Eh bien ! quoiqu'il me soit pénible de me séparer de toi, tu partiras, Paul.
Source : Gallica

Césarie Farrenc Ambition et simplicité (Nouvelle édition… (1850)

En faisant part de cette lettre à César, qui suppliait son père de rappeler au bercail la brebis égarée, M. Germon lui dit avec gravité : « Non, non, mon enfant, je n'en ferai rien, il faut le laisser libre d'agir selon ses impressions : épargnons-nous pour plus tard la douleur de le voir triste et contraint auprès de nous. Laissons au temps et à l'expérience le soin de dessiller ses yeux ; gardons-nous de lui apprendre notre
changement de fortune ; il ne faut devoir son retour qu'à sa tendresse, et au complet désenchantement des vanités qui se partagent son cœur. »
Source : Gallica

Césarie Farrenc La jalousie (1863)

La porte de la chambre de son frère était ouverte , elle y entra et s'approcha du lit, dont elle écarta doucement les rideaux.
— Bonjour, Ninie ! lui dit Léon.
— Ah! mon Dieu, il parle ! s'écria-t-elle avec un transport de joie. Tu es donc guéri, mon petit Léon, quel bonheur! Si tu savais combien j'ai pleuré hier! J'avais tant de peur de t'avoir tué.
— Tais-toi donc, Ninie! dit Léon; maman pourrait t'entendre.
Il ne faut pas qu'elle sache que c'est toi qui m'as poussé. Elle te gronderait peut-être, et je ne veux
pas qu'on te gronde à cause de moi.
Source : Gallica

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