E. Marin La Meslée

Élements biographiques

E. Marin La Meslée Revue des Deux Mondes

L’Australie n’a pas d’histoire, si par ce terme, l’on comprend une succession d’événemens plus ou moins glorieux dont les guerres de races, de religion et de dynasties font à peu près tous les frais. Isolée aux antipodes, placée à l’abri des convoitises européennes par sa position naturelle et par sa situation politique sous l’égide protectrice d’une puissance à laquelle appartient depuis longtemps la souveraineté des mers, l’Australie est en effet un heureux pays.
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E. Marin La Meslée Revue des Deux Mondes

Mais l’organisation développée par l’administration impériale fut bien vite engloutie dans la colonie de Victoria, sous le flot de cette émigration qui introduisait des élémens nouveaux, vigoureux, ambitieux et libres dans la constitution sociale du pays. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, le nombre des mineurs avait été bien moins considérable, et la population étant, à l’origine de ce mouvement, beaucoup plus nombreuse que celle de Victoria, et disséminée en outre sur un territoire alors dix fois plus étendu, le vieux système s’y débattit plus longtemps contre cette invasion de libéralisme.
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E. Marin La Meslée Revue des Deux Mondes

Lorsque le gouvernement impérial britannique eut concédé à ses colonies les bénéfices du gouvernement parlementaire, aussi bien en Australie qu’au cap de Bonne-Espérance ou au Canada, il reconnut la parfaite autonomie de chacune d’elles en matière de politique locale, mais il se réserva seul le droit et le pouvoir absolu de décider de toutes questions de politique générale, affectant les intérêts de l’empire dans ses relations avec les autres puissances. Chaque colonie constitue, sous certaines réserves cependant, un État autonome ; l’Angleterre impériale seule constitue l’État souverain
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