Général E. Daumas

Élements biographiques

Général E. Daumas Revue des Deux Mondes

LA NOBLESSE
AU DÉSERT « Prends un buisson épineux, me disait un jour l’émir Abd-el-Kader, et pendant une année arrose-le avec de l’eau de rose, il ne donnera que des épines ; prends un dattier, laisse-le sans eau, sans culture, et il produira toujours des dattes. » Suivant les Arabes, la noblesse est ce dattier, et la plèbe est ce buisson d’épines.
En Orient, on croit aux puissances du sang, à la vertu des races ; on regarde l’aristocratie non-seulement comme une nécessité sociale, mais comme une loi même de la nature.
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Général E. Daumas Revue des Deux Mondes

Il casse dans la forêt d’innombrables branches avec sa queue, il rugit, il hurle, il grogne, lance des bouffées d’une haleine empestée, il joue avec l’objet de ses multiples et bizarres attaques, qu’il tient continuellement suspendu entre la crainte et l’espérance, comme le chat avec la souris. Si celui qui est engagé dans cette lutte ne sent pas son courage faiblir, s’il parvient, suivant l’expression arabe, à bien tenir son âme, le lion le quitte et s’en va chercher fortune ailleurs.
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Chaque cavalier, suivant son agilité et sa hardiesse, lance son cheval à fond de train, tire sur le lion comme sur une cible à une courte distance, tourne sa monture dès que son coup est parti, et va plus loin charger son arme pour recommencer aussitôt. Le lion, attaqué de tous les côtés, blessé à chaque instant, fait face partout ; il se jette en avant, fuit, revient, et ne succombe qu’après une lutte glorieuse, mais que sa défaite doit fatalement terminer, car contre des cavaliers et des chevaux arabes, tout succès lui devient impossible.
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