N. Laurenceau

Élements biographiques

N. Laurenceau,  Le Petit neveu de l’Arretin

“ Didon dans son angoise implore le trépas ;
Car de quoi sert la vie alors qu’on n’y fout pas ?
De prodiges sans nombre un sinistre cortège,
À chaque instant du jour la poursuit et l’assiège ;
Tandis que sur l’autel où brûle un pur encens,
Aux dieux hospitaliers elle offrait ses présens,
(Ma pine à ce récit, et se crispe, et se glace)
Elle a vu du saint lieu les murs changer de place,
Dans les vases sacrés les liqueurs se noircir,
Le vin en sang caillé changer et s’épaissir ;
Nul ne vit ce prodige, et la discrète reine
Sut le taire à sa sœur non sans beaucoup de peine.
”
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N. Laurenceau,  Le Petit neveu de l’Arretin

“ Il en a lu l’aveu ; sur les lys de son sein
Sa bouche en feu s’élance et tente un doux larcin ;
Envain la faible Élise à l’attentat s’oppose,
Déjà le baiser pris devient trop peu de chose :
Un désir satisfait enfante les désirs,
Et les plaisirs goûtés ne sont plus des plaisirs,
Plus le héros obtient, plus il demande encore,
Didon voit ses projets, et son teint s’en colore ;
Elle veut, mais envain, enchaîner son ardeur ;
Et pour le mieux sentir, différer son bonheur ;
Le guerrier s’en irrite, il presse, elle succombe,
Jette un cri de défaite, et sous son vainqueur tombe.
”
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N. Laurenceau,  Le Petit neveu de l’Arretin

“ « Barcé, dis à ma sœur de hâter son retour ;
Dis-lui que pour calmer cet ouragan d’amour,
Qui trouble ma cervelle et qui ternit ma gloire,
Elle amène des bœufs la troupe expiatoire,
Et toi sur ton front sec place un feuillage verd ;
Je veux d’un sacrifice au dieu du Styx offert
Achever ce matin la pompe différée,
Et brûlant du troyen la dépouille abhorée,
Laisser sur le bûcher, avec ses vieux haillons,
L’amour qu’ont dans mon sein allumé ses couillons. »
Elle dit, et la duègne, au lourd pas de tortue
Soudain à trottiner s’excite et s’évertue.
”
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