Xavier Eyma,
Les peaux noires : scènes de la vie des esclaves
“ Si Firmin fût entré le bras en écharpe, le crâne fendu, ou avec une jambe cassée, madame de Mortagne, n’obéissant qu’aux bondissements de son cœur, se fût élancée vers lui, les lèvres et les yeux souriants. Mais comme rien dans l’aspect du jeune créole, ne révélait le moindre accident qui pût excuser son long retard, madame de Mortagne se leva, salua poliment, et fit signe à Firmin de s’asseoir. Il y avait lutte, chez elle, entre le cœur et la tête. La tête, c’était la coquetterie, le dépit, l’amour-propre froissé ; le cœur, c’était la tendresse, l’élan spontané, la joie et l’abandon. ”

