Albert Pingaud

Résumé

Albert Pingaud Revue des Deux Mondes

En la forçant à tendre toutes ses énergies assoupies, une grande guerre ne l’élèverait-elle pas au-dessus d’elle-même jusqu’au niveau de ses hautes destinées ? Telle est la pensée qui ne cesse d’obséder l’esprit des plus nobles de ses fils, quand ils campent dans la neige des Alpes ou qu’ils gravissent sous la mitraille l’escarpement du Carso ; ils voient flotter devant leurs yeux l’image d’une patrie nouvelle, sortie non seulement plus grande et plus forte, mais surtout meilleure et plus pure, de ses épreuves et de ses victoires.
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Albert Pingaud Revue des Deux Mondes

« Vive Guillaume II, Empereur de l’Europe ; » quand un soldat se déclare heureux et fier de prendre les armes « pour la plus grande Allemagne ; » quand un de ses camarades, cantonné près de Verdun, parle avec orgueil de cette terre qui a été allemande jusqu’à la Meuse et qui doit le redevenir ; quand un étudiant résume la portée de la guerre par ce cri : « En avant pour être puissance mondiale ! » il semble que ces divers témoignages nous entraînent bien loin de la légende d’une Allemagne pacifique, contrainte à la lutte par le souci de sa défense [21] .
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C’est encore la même idée que résume un autre volontaire quand il définit la guerre non seulement « comme une nécessité matérielle à surmonter, mais encore et surtout comme une libération spirituelle et un problème moral à résoudre [10] . »
Les premiers spectacles de la vie militaire et l’impression de force qui s’en dégage viennent fortifier dans les âmes ces espérances conçues en une heure d’enthousiasme. « L’armée, écrit un soldat à son entrée au régiment, est aujourd’hui l’unique organisme solide de la nation, et c’est pour moi un honneur inappréciable que d’y entrer [11] . »
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