Résumé

Albert Vogt Le catholicisme au Japon

À l’heure où, en Europe, l’Église est de nouveau combattue et attaquée comme elle ne le fut guère plus depuis le XVIe siècle, la Providence, pour tout œil attentif, élabore lentement, à l’autre extrémité des terres habitées, un second Empire romain destiné, peut-être, à recevoir le flambeau de la foi que les pays chrétiens laissent aujourd’hui tomber de leurs mains vacillantes et qui ne s’éteint sur un point que pour briller sur un autre. Or, comme toujours, avant d’agir et de frapper, Dieu prépare ses voies et c’est bien en vain que les hommes essaient de s’opposer à son œuvre.
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Albert Vogt Le catholicisme au Japon

De grandes croix sont tracées sur tous les rivages où peut aborder un vaisseau étranger, afin qu’aucun chrétien ne franchise le sol japonais sans, du même coup, fouler au pied le signe qu’il adore comme symbole de sa foi. À l’intérieur, l’état social est celui d’une féodalité puissante ayant, à sa tête, le Mikado comme souverain en titre, le Shogoun, comme souverain effectif, et au-dessous une noblesse vassale qui doit au Shogoun le service militaire et civil en échange des fiefs et privilèges qu’elle en reçoit.
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Albert Vogt Le catholicisme au Japon

Car c’est un autre trait et très frappant du caractère japonais que lorsqu’il est converti sérieusement, lorsque nulle autre considération que la foi ne lui a fait recevoir le baptême, très vite le nouveau chrétien devient un apôtre. Ardent au bien comme au mal, une fois en possession de la vérité, nul obstacle ne l’arrête, nulle difficulté ne le rebute pour la faire partager à d’autres et c’est ainsi que jusque chez l’Impératrice le catéchisme est entré. Du reste — et cela se comprend — c’est surtout dans la haute société japonaise que l’Église recrute ses meilleurs enfants.
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