Alix Dubreuil

Résumé

Alix Dubreuil Mirage au Sud (1955)

L'amour rend-il lâche? Diminue-t-il un être quand il le fait souffrir?
L'amour !... Lumière et vie, ou mirage? Réalité radieuse, ou piège mortel?... Édith frémit. Elle ne s'interrogeait jusque-là qu'au sujet de Michel et la question prenait une ampleur angoissante. Est-il bon ou néfaste d'aimer?
— Je ne sais pas... murmura-t-elle. Comment saurais-je? La vie me fait peur à présent.
Une épaule heurta la sienne à ce moment-là; des cheveux balayèrent son visage : Hœdik dormait.
La jeune fille s'enfonça dans le coin où elle était
assise et repoussa doucement son voisin.
Source : Gallica

Alix Dubreuil Mirage au Sud (1955)

Faut vous forcer, murmura Lambert. Encore une cuillerée, mon lieutenant ! Et encore une ! Vous veillerez mieux.
Ils burent le thé ensemble, au seuil de la tente. L'air était moins froid que la veille. Michel chercha, machinalement, la Croix du Sud ; mais, à ce moment-là, on ne pouvait la voir. Tazert-et-Tanaflit traçait, sous l'horizon, ce segment d'un cercle parfait qui est dérobé à l'hémisphère nord. Elle poursuivait sa ronde éternelle. Michel frissonna. Qu'est-ce que le temps? Qu'est-ce qu'une vie humaine? Hœdik reverrait-il ces étoiles qu'il aimait?
Source : Gallica

Alix Dubreuil Mirage au Sud (1955)

Les volets du bordj claquèrent sous la main vive de Zaïa ou celle, plus lente, d'Édith. Un vol de pigeons ondula, moirure grise et bruissante, autour des eucalyptus, tandis que des gloussements s'élevaient de la basse-cour où Abderrahmane, à larges poignées, jetait du maïs et de l'orge.
Pyrame accourut, panache au vent. Il vint se frotter contre son maître et reçut plus de caresses que Luc ne lui en octroyait, d'habitude, en quinze jours.
Du bonheur !... Du bonheur pour tous !
Le flot de la joie, montant dans un cœur, cherche à se répandre.
Source : Gallica

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