Jean Balde

Jean Balde

Le goéland (1926)

Résumé

Portrait de Jean Balde Jean Balde Le goéland (1926)

Une idée passa comme un éclair dans l’esprit de Laure :
— Il vous a parlé de moi ?
Et fougueusement :
— Il ne faut pas le croire. Ce qu’il vous a dit, il ne le pensait pas !
— Non, dit l’abbé, confessant amèrement combien Michel lui échappait. Il eût mieux valu... Mais Dieu sait que je ne me trompe guère et qu’il pense à vous ! Seulement ce n’est pas comme vous le croyez.
Elle ne demanda pas davantage, plus avide d’illusions que de vérité. Il lui semblait que des coups répétés s’abattaient sur elle ; impressionnable, aussi vibrante que le violon du tzigane, elle se sentait étourdie d’angoisse.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Balde Jean Balde Le goéland (1926)

A cet âge ingrat où la voix mue, on se sent parfois tout saisi devant un enfant, se demandant ce qu’il va faire ; c’est à certains moments un feu du regard, quelque chose qu’on n’avait pas vu et qui est monté du cœur au visage comme un orage qui va éclater.
Sylvain avait un peu reculé, tirant son béret sur les yeux, avec une figure de renard pris au piège.
— C’est moi, dit Michel, d’une voix haute et nette, qui embarquerai demain avec vous.
— Mon Dieu, commença l’homme, si cela te fait plaisir...
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Balde Jean Balde Le goéland (1926)

Michel se fixe des points de repère : ce piquet qui approche, cette bouée qui n’était tout à l’heure qu’une petite perle rouge enchâssée dans le tissu argenté de l’eau. Courage ! lui crie une force intérieure ! Encore une demi-heure, un quart d’heure à peine !
Les clôtures des parcs tendent devant l’île leurs haies dénudées. Combien de temps a duré ce dernier effort scandé par les soubresauts affolés du cœur ? Il ne sait plus rien. Sa tête se vide. Mais il lui semble que cette dure victoire, il la remporte contre sa mère, contre Sylvain, contre tous ceux qui lui ont fait son âme humiliée.
Source : Gutenberg

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