Résumé

Portrait de André Chénier André Chénier Poésies choisies de André Chénier

Ces transports déréglés, vagabonde manie,
Sont l’accès de la fièvre et non pas du génie ;
D’Ormus et d’Ariman ce sont les noirs combats,
Où, partout confondus, la vie et le trépas,
Les ténèbres, le jour, la forme et la matière,
Luttent sans être unis ; mais l’esprit de lumière
Fait naître en ce chaos la concorde et le jour :
D’éléments divisés il reconnaît l’amour,
Les rappelle ; et partout, en d’heureux intervalles.
Sépare et met en paix les semences rivales.
Ainsi donc, dans les arts, l’inventeur est celui
Qui peint ce que chacun put sentir comme lui
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Portrait de André Chénier André Chénier Poésies choisies de André Chénier

Le Brun, faire gémir la lyre de douleurs
Que jadis Simonide anima de ses pleurs ?
Et toi, dont le génie, amant de la retraite.
Et des leçons d’Ascra studieux interprète.
Accompagnant l’année en ses douze palais,
Étale sa richesse et ses vastes bienfaits ;
Brazais, que de tes chants mon âme est pénétrée,
Quand ils vont couronner cette vierge adorée
Dont par la main du temps l’empire est respecté,
Et de qui la vieillesse augmente la beauté !
L’homme insensible et froid en vain s’attache à peindre
Ces sentiments du cœur que l’esprit ne peut feindre
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Portrait de André Chénier André Chénier Poésies choisies de André Chénier

Vous tous, dignes enfants de la patrie antique,
Je vous vois tous amis, entourés de bourreaux,
Braver du scélérat les indignes faisceaux.
Du lâche délateur l’impudente richesse.
Et du vil affranchi l’orgueilleuse bassesse.
Je vous vois, au milieu des crimes, des noirceurs,
Garder une patrie, et des lois, et des mœurs ;
Traverser d’un pied sûr, sans tache, sans souillure.
Les flots contagieux de cette mer impure ;
Vous créer, au flambeau de vos mâles aïeux,
Sur ce monde profane un monde vertueux.
Oh ! viens rendre à leurs noms nos âmes attentives.
Amitié !
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