André le Breton

Résumé

André le Breton Revue des Deux Mondes

Un si beau langage ne saurait nous tromper. Non, la conception que Vauvenargues se fait de l’amour n’est ni fausse, ni périlleuse. Aimer, c’est pour lui avoir une foi, c’est avoir un idéal, et en ce sens il a mille fois raison de croire que le pouvoir de l’amour est immense. Je me suis dit souvent en remuant les cendres du passé, en évoquant les morts glorieux dont la vie privée appartient à l’histoire, qu’ils illustrent de bien beaux exemples la doctrine de Corneille et de Vauvenargues. Qui nommerai-je de tous ceux dont l’amour a soutenu le courage et fécondé le génie ?
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André le Breton Revue des Deux Mondes

Vauvenargues n’abdique pas.
Il est vrai, nous dit-il, que la vie est une lutte et une lutte presque toujours inégale, que des déboires et des mortifications sans nombre vous sont réservés, et qu’au bout du compte vous avez peu de chances de réussir ; il est même quasi certain que vous échouerez. Que cela ne vous trouble point. Le succès est chose secondaire.. Il faut lutter, lutter éperdument ; il faut agir, vivre le plus possible, vouloir, oser, ne pas trop se défier de soi, car « le sentiment que nous avons de nos forces les augmente, » aspirer à la gloire, aux grandes choses.
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André le Breton Revue des Deux Mondes

L’émotion que nous font éprouver les récits de Tolstoï est celle que nous ressentons devant les spectacles de la vie, en présence d’une souffrance réelle, à la mort de quelqu’un que nous aimions.
Car ses héros ne sont plus, comme ceux de Hugo, de puissantes créations de l’esprit qui personnifient une idée abstraite, la loi, la bonté, la misère. Ses héros sont des vivans, des créatures complexes et changeantes en qui, malgré tout, le moi persiste, si bien qu’à travers leurs modifications successives, nous n’hésitons jamais à les reconnaître
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