Antoni Deschamps

Antoni Deschamps

Résumé

Portrait de Antoni Deschamps Antoni Deschamps Revue des Deux Mondes

Depuis quatre ans, vois-tu, son influence arrête
La mort qui tout le jour vole autour de ma tête,
Et mieux que tous les soins du grave médecin,
L’empêche d’approcher et d’entrer dans mon sein.
Quand je suis loin de lui, je retombe en démence,
Hélas ! et ne suis plus qu’une pierre qui pense,
Et je ne dirais pas, vois-tu, ce que j’écris ;
Car, avec mes amis, ou je chante ou je ris ;
Silvio, tu te connais en amitié divine,
Est-ce bien elle, dis, qui vit dans ma poitrine ?
Âme des anciens jours, illustre Italien,
Tu m’as dit tes amis, moi je te dis le mien !
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Portrait de Antoni Deschamps Antoni Deschamps Revue des Deux Mondes

C’était un libertin, passant les nuits au bal,
Un vrai carbonaro, grand faiseur de mystère,
Hantant, matin et soir, ces païens d’Angleterre !
Jamais je ne l’ai vu priant dans le saint lieu ;
Car, lorsqu’il y venait, ce n’était pas pour Dieu,
Comme font les chrétiens et les dévotes âmes :
C’était pour présenter de l’eau bénite aux dames.
Aux pays du midi comme aux pays du nord,
Tel s’agite le peuple alors qu’un homme est mort
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Portrait de Antoni Deschamps Antoni Deschamps Revue des Deux Mondes

Quant à celui qu’elle aime, il est laid : c’est un homme
De la classe mininte, ainsi qu’on dit à Rome ;
Il trompe la comtesse, et la publique voix
Dit qu’il mange son bien et la bat quelquefois.
Mais il est fort : or donc, à parler sans scrupule,
Pour soutenir son bras, la Galli veut Hercule.
IV.
Comme je m’enfonçais dans cet amer penser,
Ceux qui parlaient du mort allaient se disperser ;
Et je vis à leur place, en relevant la tête,
Des visages rians et des habits de fête :
C’étaient des gens masqués qui s’en allaient au bal,
Car on était alors au temps du carnaval.
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