“ Ils vont, la chéchia sur l’oreille, Marchant au son de la nouba. Le nase, C’est l’blaze Du tirailleur algérien, Qui marche bien ! Ces petits-là n’ont pas d’histoire, Ils n’ont fait que donner leur peau. ”
Résumé
“Sur la route”, est une œuvre de Aristide Bruant. Des thèmes tels que le navigateur, frèr ou fiolle y sont abordés.
Citations de Sur la route (Aristide Bruant)
“ Voici l’hiver et son ciel gris Et son froid noir. Ça vous chagrine, Ça vous fait penser qu’à Paris On va geler à la barrière, Lorsque des snobs indifférents S’en vont payer un bock de bière Cinq francs ! ”
“ Insurgeons-nous, femmes de France, Contre les mœurs de nos époux. Contre leur sage indifférence Qui fait que l’on doute de nous. Au lieu de plaider en divorce, Il faut poser d’autres jalons Et prendre nos hommes de force... ”
“ Caverne de Monte-Carlo ! Puissent les monts, s’entrechoquant, Ou te précipiter dans l’onde, Ou te fondre dans un volcan, Pour le bien... et l’honneur du monde ! Puisse-t-on marcher sur ta cendre... ”
“ Vrai, c’est un honneur Que le pauvre n’attendait guère. Il ne peut croire à son bonheur Et sa joie éclate en trompette ; Il reprend et l’écho répète : « Je suis tanneur... tanneur... tanneur... » ”
“ Les meilleurs crûs du meilleur vin, Puis, et surtout, la vieille fine Du chapon fin. Ceci n’est pas une réclame, Mais je veux l’écrire en passant ; Quand on dîne bien, on le clame En estomac reconnaissant. ”
“ Elle était simplement sa bonne, Lui n’avait servi que Bellone. Ils étaient encore amoureux. Le vieux aimait à siroter Et souvent, la nuit, après boire, L’ancien ne pouvait plus chanter Victoire ! ”
“ Sur la bécane. Le pied cambré sur la pédale, L’œil au guet, le jarret tendu, On s’entraîne, on vole, on s’emballe À corps perdu. Mais, hélas ! il faut s’arrêter, Car voici la côte... et l’on cane... ”
“ On voit des bacheliers minables, Se louer pour un examen Comme un valet !... Les pauvres diables Mangent aujourd’hui... mais, demain, Ils iront crier dans la rue : La Carmagnole !... À bas la loi ! ”
“ Les cris redoubler dans les antres, — Officines de charlatan... — Les bourreaux charcutent les ventres : Ils amènent les chérubins Sanglants et meurtris dans les langes ! Ohé !... Messieurs les carabins, Voilà Noël... Il faut des anges ! ”
“ Tandis qu’toi, t’en as-t’y d’la rente ? T’en achèt’s-t’y du trois pour cent ? Ah ! bon Dieu ! tu peux pas y faire : T’as pas l’rond, t’as pas un rotin, Tandis qu’moi j’ai fait mon affaire,J’suis dans l’Bottin ! ”
“ La lecture audio n'est pas prise en charge dans votre navigateur. Vous pouvez télécharger le fichier audio. La voix du canon résonne, L’air, tout empoudré, frissonne : Serrez vos rangs ! mes enfants ! ”
“ Près de celle du bon ami, Du chien, plus humain que le monde, Qui veillait sur l’ange endormi, Qui léchait la petite main Et, cautérisant la brûlure, Cherchait à panser la blessure Que l’homme ouvrait le lendemain. ”
“ Où que l’soir ej’ fais un Hova Dans l’entre-sort du grand Narcisse ; Un forain qui fait que c’qui peut Et qui va chiner d’foire en foire Avec sa méness’ qu’est tout’ noire Et qui l’fait cocu tant qu’a veut. ”
“ Malsains, l’âme et la chair meurtries Par la fête, par les plaisirs, Ivres de noce et de rancœur, Lors des heures trop douloureuses. Parfois elles s’ouvrent le cœur,Nos amoureuses. Ohé ! l’homme à la Madeleine ! ”
“ Oui, je l’sais ben, j’ai-z-un’sal’ fiolle, J’ai vraiment pas l’air d’un rupin. Aussi, bon Dieu, j’fais pas l’mariolle, Ej’cranott’ pas comme un youpin, Ah ! bon Dieu ! non, j’suis pas d’leur tierce : J’suis un trimardeur, un voyou, J’fais pas parti’ du haut commerce : Ej’vends mon crayon pour un sou. Quand j’dis qu’je l’vends, c’est z-un’ figure, Entre nous on n’me l’prend jamais, Vrai, ya déjà longtemps qu’i’ dure ; Pourtant, i’n’est pas pus mauvais Qu’un aut’, mais ya-z-un’ concurrence !! C’est à qui qui s’ra l’pus filou... ”
“ Moi, j’aim’ ça, dormir dans les prés ; Le foin, c’est pus moelleux qu’la toile. Et puis, dans les cieux azurés, Souvent j’aperçois une étoile Qui vient s’placer juste au-d’ssus d’moi ; J’y dis bonsoir à la fileuse, Et j’m'endors heureux comme un roi... C’est l’bon Dieu qui pay’ la veilleuse. ”
“ « Les femm’s le trouv’nt joli garçon. « I’ chasse... i’ boit... i’ fume... i’ cause. « I’ fait d’l’épate... i’ crâne... i’ pose « Quand i’ réclame un écusson ! » I’ n’peut pas aller prendre un bain. ”
“ C’est pas trop tôt que l’peup’ rigole Dedpuis l’temps qu’i’ paye l’violon. » Alors, en avant la musique ! On va n’en pousser des hourras Et gueuler : « Viv’ la République ! » V’là qu’on nous ramène l’bœuf gras ! ”
“ CYCLOWNERIE Eh ben !... vrai, minc’ de galipète !... ... Plus fort que d’jouer au bouchon : Tromb’, cyclon’, tornado, tempête, C’est-i’ du lard ou du cochon ? Pour quant à moi j’en suis malade, Ça m’entre pas dans l’ciboulo. Non... si t’avais vu c’tte salade !... C’était vraiment pas rigolo ! Juste j’passais su’ l’Pont-au-Change Quand el’ bastringue a commencé. Tiens, qu’je m’dis, c’est l’temps qui s’dérange, Mon colon, tu vas êtr’ saucé... Et aï’ donc !... v’là qu’ça dégringole... Des bouts d’tuyaux..., des coins d’pignons..., D’l’eau, du vent... ”
“ I’s ont des gueul’ en têtes d’pipes, Mais presque tous i’s sont roublards, I’s la connaiss’ autant qu’ les broches, I’s sont marioll’, i’s sont rupins, I’s ont du pognon plein leurs poches, Les youpins. ”
“ Imposer la rente !... et pourquoi ? Je m’demande où qu’est l’avantage, V’là t’i’ qu’ça s’rait d’la belle ouvrage ! Tout l’mond’ gueul’rait après la loi. Aussi, je l’dis : C’est mon oignon, La République est pas contente. ”
“ Les v’là là-bas qui fil’nt dessus, On n’les voit déjà plus ! Pédalons donc tous autant que nous sommes, Tournons, virons, courons dur et longtemps, La Bicyclette améliore les hommes Et l’on vivra bientôt jusqu’à cent ans. ”
“ Et j’aimons mieux ronger eun’croûte Que d’travailler pour du pain blanc... Nous, not’ métier, c’est d’marcher su’la route. On n’est pas jaloux des vign’rons... C’est des gars qu’ont vraiment trop d’peine. ”
“ I’s sont vidés comm’ des lapins, Ya pus qu’nib et c’est d’la foutaise, Mais i’s font encor’ des chopins Avec leur pèze. Eh ben ! j’les plains, ces malheureux : Moi j’aim’ la vie et la nature. ”
“ Quand i’ n’est pas dans c’t état-là, I’ dit qu’i’ s’fout du marida, Qu’i’ veut rester concubinaire, Qu’i’ veut pas s’mett’ la corde au cou. Bref, vous comprenez, Mossieu l’maire, I’ veut s’marier qu’quand il est soû. ”
“ I’s sont au courant d’nos affaires, I’s sav’nt mieux qu’nous c’que nous voulons ; I’s sont laïqu’, obligatoires, I’s veul’nt pus d’frèr’, i’s veul’nt pus d’sœurs Et i’s font fair’ des heurinoires, Pou’ fair’ pisser les électeurs. ”
“ Nous faut pousser jusqu’au village, Nous faut du pain ! Ben oui ! du pain... avec un verre Ed cidr’ pou’ nous désaltérer ; Faut ben qu’i’s nous fout’nt à baffrer Les particuliers qu’ont d’la terre. ”
“ Ça vous semble drôle, j’m’en doute, Qu’un homme aussi distingué qu’moi, Un homme aussi comme i’faut s’foute Ed’la République et du roi ? Ben, voilà... C’est pus mon affaire... Et qu’on gueule : À bas les filous ! ”
“ Sa fille !... Alle a pris sa volée Sans qu’on la pousse... ah ! nom de Dieu !... Et v’nir sout’nir que j’l’ai violée ! Sa fille !... a sortait pas d’mon pieu. Alle est v’nu’ comm’ ça, sans qu’j’y d’mande, Un beau soir, entre loup et chien. Alle était plat’ comme eun’ limande ”
“ Dans les viscèr’s de son mari !... Fallait-i’ qu’i’s en ay’un’couche Ceux qu’ont sout’nu ça d’vant l’jury !... Eh ben !... voilà... suffit qu’un âne Charg’ l’accusé, dans son rapport, Pour que la justic’ le condamne À mort... ”
“ Un bain !... clama l’un ; pourquoi faire ? — Mais... pour en prendre, dit le maire. — Vraiment ? fit l’adjoint ; mais, alors, Dans notre étang de galetade On pourrait en prendre l’été. — On en prend quand on est malade Dit à son tour Mosieu Robain ”
“ Rest’ là... boug’ pas... attends un peu... Ça va sortir ed’ la garenne... Chut !... quoi qu’j’entends ?... ah ben ! bon Dieu ! C’est Oscar qu’embrasse un’ fumelle ! Non... merde !... on n’a pas idé’ d’ça !... ”
“ Et v’là l’hiver... i’ fait frio. Viv’ la Russie !... Ah ! la sal’ bête, I’ va v’nir, avec son huissier, Pour me fair’ saisir mon poussier... I’s sont comm’ça... ça les embête Quand on leur donn’ pas son pognon. ”
“ À caus’ de cell’ que j’porte en face Du trou qu’est dans mon culbutant. Minc’ qu’i’ va respirer l’bien-être Quand, sans payer, mon pauv’ cul nu Pourra mettr’ son nez à la f’nêtre, Grâce à l’impôt su’ le r’venu. ”
“ Peut lire cela sans comprendre. Eh bien, mon vieux, qu’est-c’qu’i’ vous faut ? Quand on emploi’ le mot brutal Voilà souvent ce que l’on risque, Car, enfin, vous, Mossieu Francisque, Vous ne pouviez penser à mal. ”
“ Les p’tits vernis du protocole, I’s sont charmants... Ya pas d’erreur. I’s ont surtout des bell’s cravates, Mais, vraiment, i’s font trop d’épates, C’était bon du temps d’l’Emp’reur. Et les cocard’... et les livrées... ”
“ Enfin, Julot, ça t’irait-t’i’ D’avoir un’femm’ toujours en course, Qu’irait à la Chambre... à la bourse Et qui laiss’rait brûler l’frichti ? Mais non !... Ya pas à discuter, La femm’ n’a pas besoin d’diplômes ”
“ L’baromètr’ remonte. — Oui, siffle un emphysémateux, C’est tous les jours la même chose. — Non, monsieur, répond un quinteux, Car ça va changer, je suppose. — Vous croyez ? demande un perclus. ”
“ Analysé sa diarrhée ; Car Émil’ Zola l’a itou ! I’ n’a pus qu’la cervell’ qu’est bonne ; I’ fait des livr’... et pis v’là tout, Mais i’ n’a pas fait la colonne. Ses Rougon-Macquart... oh la ! la ! ”
“ Ej’ sais ben lire et ben écrire, Ej’ sais aussi la division. Quand l’contremaître i’ fait mon compte, I’ sait qu’c’est pas à moi qu’on l’monte. Oui, mon vieux, pour un terrassier, J’suis vraiment un homme à la r’dresse. ”
“ Ceci se passait en l’an mille- Huit-cent-quatre-vingt-quatorz’. Juste En débarquant, l’air navré, Émil me dit : « Dis donc, Auguste, Un curé ! » Nous touchons du fer et, dar’ dare, Nous courons à l’Exposition De Lyon. ”
Termes fréquents
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