“ Un homme riche vint demeurer près d’un tanneur. Comme il ne pouvait supporter la mauvaise odeur, il le pressait sans cesse de déménager. Le tanneur le remettait toujours, promettant de déménager dans quelque temps. Comme leur débat se renouvelait sans cesse, il advint à la longue que l’homme riche s’habitua à l’odeur et cessa d’importuner le tanneur. ”
Tanneur
Définition et enjeux
Le tanneur désigne une profession historique dédiée à la transformation des peaux en cuir grâce à des procédés de tannage, mêlant savoir-faire artisanal et chimie. Depuis l’Antiquité, cette pratique a connu des évolutions, passant des méthodes végétales, qui utilisent des tanins d’origine botanique, au tannage au chrome, plus récent. Ésope en fait un personnage emblématique de l’odeur nauséabonde des ateliers, tandis qu’A.-T.
Mauxion décrit les apprentissages pénibles du métier. Adolphe Picard, quant à lui, explore les coutumes et la vie quotidienne des tanneurs à Liège, soulignant leur rôle dans l’économie locale. Ces approches, allant du récit fableur à l’analyse sociologique, révèlent la complexité et la pérennité de cette profession à travers les époques.
Citations sur le tanneur
A.-T. Mauxion, Appel à l'appréciation de mes électeurs sur une question de dignité… (1863)
“ Pendant que je faisais la chandelle, mon patron, qui était fils de tanneur et entreprenant, montait une petite tannerie à côté de l'endroit où je travaillais. J'examinais comment il s'y prenait, et je lui aidais quelquefois. Une opération de tannage est longue, et pour apprendre il faut la suivre jusqu'à la fin; encore, pour bien la comprendre, il faut la répéter plusieurs lois. Ce métier est désespérant pour celui qui veut de prompts résultats; néanmoins j'étais décidé à le prendre, à cause de l'abondance des cuirs que le pays fournit. ”
Adolphe Picard,
Le bon métier des tanneurs de l'ancienne cité de Liège
(1863)
“ Nous aurions voulu ajouter aux pages qu'on vient de lire et qui ne sont en définitive qu'une sèche et aride analyse de documents, un tableau des moeurs , des usages, de la vie intime des tanneurs et du quartier d'Outre-Meuse. Mais il faudrait avoir vécu tout jeune au milieu d'eux , courant les rues , les ateliers , observant tout dans la maison, à table, au comptoir, écoutant les vieillards autour du foyer ou assemblés sur le seuil des portes, le traditionnel bonnet de coton bleu et blanc sur la tête, le tablier de cuir replié à la ceinture, la longue pipe de terre à la bouche ”
