Résumé

Portrait de Carmen Sylva Carmen Sylva Les Pensées d’une reine

Voici les pensées d’une femme, d’une reine ; je suis tenté de dire d’une vraie femme, d’une véritable reine, tant la grâce et la plénitude du sentiment attestent l’intensité des facultés féminines, tant la mélancolie active, la bonté, sans illusion mais sans défaillance, la dignité simple et haute, affirment la raison et les vertus royales.
Les femmes qui recueillent leurs pensées dans un album, quand le livre n’est plus le cahier bleu d’une ingénue, sont presque toujours, ou des matrones qui se font vestales, ou des précieuses embaumées par de longues adorations qui rendent des oracles.
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Portrait de Carmen Sylva Carmen Sylva Les Pensées d’une reine

Dans l’album de la reine, on sent la spontanéité, parfois l’embarras d’un esprit naïf, ardent qui vibre plusieurs fois au même coup, au même bruit, et qui finit par choisir l’écho final, mais qui abandonne aux commentaires les modulations diverses de sa réflexion, toujours surprise, et pourtant toujours éveillée.
Madame d’Agoult, parmi ses pensées les meilleures, a émis celle-ci : « Dans la chasse aux idées, l’esprit de la plupart des femmes ressemble à ces jeunes chiens étourdis ou mal dressés qui font lever le gibier, mais n’arrêtent pas. »
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Portrait de Carmen Sylva Carmen Sylva Les Pensées d’une reine

Que la reine de Roumanie ait des rencontres avec La Rochefoucauld, La Bruyère et quelques autres, il faut l’en louer, sans s’en étonner. C’est le péril et c’est la gloire des belles pensées de se ressembler entre elles.
Mais, ce qui est personnel, ce qui donne un caractère spécial et touchant à ses réflexions, c’est son insistance à analyser, à définir le malheur, la souffrance, à juger la royauté, à confesser ses révoltes et ses résignations de mère sans enfants, de reine sans héritier.
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