Résumé

Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

L’inégalité des tiges voisines, faibles ou fortes, courtes ou élancées, jetées comme au hasard les unes à côté des autres, telle est la principale variété de la forêt d’épicéa, toujours un peu triste. C’est à elle autant qu’à la Sapinière que doit son nom la chaîne de la Forêt-Noire.
Quelquefois un vieux massif se rencontre ; l’aspect en est des plus réguliers, les arbres, de grosseur moyenne et assez égale, se pressent au nombre énorme de 300 à 400 par hectare ; aucune autre essence ne donne un massif aussi plein.
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Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

Ce sont les hauteurs moyennes qu’elles occupent, commençant vers 400 mètres dans les Vosges, 600 dans le Jura, 800 dans les Alpes du Dauphiné, 1,000 dans les Pyrénées, et s’élevant à 600 mètres au moins au-dessus de ces différens niveaux.
De toutes nos essences indigènes, le sapin est l’arbre social par excellence : à l’état spontané, il forme d’épais massifs, à tiges très nombreuses, au couvert sombre, assez souvent mélangé de hêtre, parfois d’épicéa, souvent aussi pur de tout mélange, et il ne se montre presque jamais en arbres isolés ; ainsi le massif clos est l’état naturel du sapin.
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Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

A l’âge moyen, l’élongation se ralentit, et la cime s’arrondit peu à peu. La tête du sapin s’aplatit ensuite par en haut en formant couronne à 30, 40 ou 50 mètres du sol. Cessant de s’allonger, les arbres continuent à grossir, et le massif présente alors un magnifique ensemble de blanches colonnes élancées, supportant un dais immense de verdure. C’est un des grands spectacles de nos montagnes, et il n’est personne qui n’en soit vivement frappé.
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