Résumé

Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T.95, 1871

L’industrie privée obéit fidèlement à la loi de l’offre et de la demande ; plus les produits sont demandés, plus le prix s’en élève et plus elle en fabrique. Il en est tout autrement pour les bois d’œuvre ; plus on en demande, plus les propriétaires les exploitent prématurément, et plus la production diminue. C’est que le bois n’est pas un produit de l’industrie ; c’est un bien naturel, limité surtout par le temps ; la génération qui récolte les chênes n’est jamais celle qui les a vus naître, pas même celle qui les a conservés en se contentant de s’abriter à leur ombre.
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Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T.95, 1871

Dans les futaies où le chêne est mélangé à diverses essences, c’est cet arbre qui doit déterminer la révolution, c’est-à-dire le temps qu’embrasse le cercle complet des exploitations de la forêt. En un taillis divisé en vingt coupes, qui viennent successivement en tour d’exploitation chaque année, la révolution est de vingt ans. Dans une futaie, c’est l’âge auquel il convient d’exploiter les massifs qui détermine la durée de la révolution.
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Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes T.95, 1871

Si en outre la production s’améliore d’elle-même et gagne en valeur avec le temps, ainsi que cela se voit pour les forêts, ces biens constitueront pour les communes une source merveilleuse de revenus. La forêt est tout à la fois l’agent naturel et l’instrument de la production. Qu’on s’abstienne d’y toucher, qu’on la défende, qu’on la garde seulement (à cette tâche, un homme suffit souvent pour 500 hectares) , le sol s’améliore, les bois se développent, et le propriétaire, s’il a su les attendre, n’a qu’à récolter les plus riches produits.
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