Ch. Broilliard

Résumé

Ch. Broilliard Revue des Deux Mondes

Sous les mélèzes s’étend un tapis verdoyant semé de fleurs variées ; sur les arbres le feuillage, du même vert que l’herbe, est orné de fleurs rouges qui formeront les cônes ; dans ces massifs clair-plantés la lumière arrive de toutes parts, pure et gaie. La vie semble légère comme l’air des Alpes et rien n’est comparable au calme de ces hautes régions.
La végétation du mélèze est lente. Après un repos de huit mois elle se réveille pour quatre mois à peine ; l’été d’ailleurs est sec et la chaleur modérée.
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Les pins sont des arbres de lumière, et à ce point de vue on peut même les ranger dans l’ordre indiqué par la légèreté relative du couvert qu’ils donnent au sol, en commençant par le pin d’Alep, le plus avide des rayons du soleil, puis par le maritime à la cime échevelée, en finissant par le pin de montagne et le cembro. On ne voit pas les sujets de ces essences former, comme les sapins, des massifs étages; les pins dominés dépérissent ou s’étiolent complètement.
L’étude du pin sylvestre, qui a des exigences moyennes, permet de se rendre compte des faits.
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En massif clair et diffus, elle est ouverte de toutes parts à la lumière; le sol, aride ou tourbeux, n’est couvert que d’aiguilles mortes ou bien envahi par des airelles, des bruyères et de longues herbes aux tiges grêles et dressées. Plus au sud, les pins sylvestres sont souvent mélangés de chênes et de bouleaux; l’écorce blanche de ces derniers tranche vivement sur les fûts rouges des pins et les troncs bruns des chênes. Dans ces forêts, les animaux sont rares et silencieux; le chevreuil, le pic et la gelinotte, qu’on rencontre de loin en loin, font encore ressortir la solitude profonde.
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