Charles Dickens

Charles Dickens

Résumé

Portrait de Charles Dickens Charles Dickens L’Abîme

Il n’en est pas moins vrai que je suis en possession d’un bien qui ne m’appartient pas.
— Peut-être est-il mort, lui... — dit Vendale.
— Mais peut-être aussi est-il vivant ? — s’écria Wilding. — Et s’il vit, ne l’ai-je pas innocemment, il est vrai, mais ne l’ai-je pas assez volé ? Ne lui ai-je pas ravi d’abord tout l’heureux temps dont j’ai joui à sa place ? Ne lui ai-je pas dérobé le bonheur exquis, ce ravissement céleste qui m’a rempli l’âme, quand cette chère femme m’a dit : « Je suis ta mère ? »
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Portrait de Charles Dickens Charles Dickens L’Abîme

Tout est donc possible à croire...
— Avez-vous jamais douté ?...
— Je vous ai déjà dit, une fois, que je doutais de mon père et de ma mère, — répliqua le Suisse. — Mais enfin, je suis de ce monde, n’est-il pas vrai ? Je fais partie de la création, et si je ne suis point issu d’une bonne famille, qu’importe !
— En vérité, êtes-vous bien Suisse ? — lui demanda Vendale, qui ne le quittait plus des yeux.
— Et comment le saurais-je ? — fit Obenreizer, en s’arrêtant brusquement.
Il jeta par-dessus l’épaule un regard indéfinissable à son compagnon.
— Si l’on vous demandait : Êtes-vous Anglais ?
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Portrait de Charles Dickens Charles Dickens L’Abîme

Elles nous paraissaient immenses, mais le monde est petit, si petit qu’on ne peut jamais y vivre longtemps, éloignés les uns des autres. Il y a si peu de monde en ce monde qu’on s’y croise et s’y recroise sans cesse. Le monde est si petit que nous ne pouvons nous débarrasser de ceux qui nous gênent... Ce n’est pas qu’on puisse jamais désirer se débarrasser de vous.
— J’espère que non, Monsieur Obenreizer.
— Je vous en prie, dans votre pays, appelez-moi : Mister. Je ne me fais jamais nommer autrement par amour de l’Angleterre.
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