“ Ces chants naïfs et sublimes semblaient dire à Vendale : « Élève-toi au-dessus du niveau de la commerciale et rampante Angleterre... Viens au loin... bien au loin de la foule et du monde ; suis-moi... plus haut, plus haut encore. Allons-nous mêler à la cime des pics, aux cieux azurés. Aimons-nous auprès du ciel ! » En même temps le joli corsage, les bas à coins rouges, les souliers à boucles d’argent semblaient s’animer et courir ; le large front blanc et les beaux yeux de Marguerite s’allumaient d’une flamme inspirée... Vendale en perdait la raison. ”
Vendale
Définition et enjeux
Citations sur “Vendale”
“ À ce moment de la conversation, Obenreizer tira son voile sur ses yeux. — Le but de ma visite actuelle, — dit Vendale, — il est vraiment superflu de vous le dire, c’est de vous assurer de la bonne amitié de Wilding et Co., et de la solidité de votre crédit sur nous, ainsi que de notre désir de pouvoir vous être utiles. ”
“ La route était assez belle pour de vigoureux marcheurs; et à mesure que Vendale et Obenreizer montaient, ils trouvaient l'air plus léger et la respiration leur devenait plus facile. Mais le ciel présentait de toutes parts un aspect morne et effrayant: la nature semblait avoir suspendu son activité; les oreilles et les yeux des voyageurs étaient également troublés par la menace et l'attente d'un changement prochain dans l'état de l'atmosphère et de la montagne ”
Benjamin Fillon,
Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay…
(1846)
“ « Bons habitants de la Vendée! » Des malveillants, des hommes audacieux ont osé vous appeler aux armes. Si leurs insinuations perfides et criminelles ont pu égarer quelqu'un d'entre vous, qu'il se hâte de rentrer dans le chemin de l'honneur, dans cette route qu'un vrai Vendéen n'abandonne jamais sans remords; il lui suffira de connaître les volontés du meilleur des Rois pour se sentir pénétré d'un repentir sincère. Ceux qui ont résisté à toutes les suggestions s'énorgueilliront de cette fermeté, qui fut, dans les temps les plus orageux, le caractère distinctif de ce département. ”
Louis-Augustin-François Cauchois Lemaire, Opuscules, par L.-A.-F. Cauchois-Lemaire (1821)
“ Je dirai plus : dès à présent, il n'y a point de Vendée, pas plus que de France monarchique à la manière des ultra ; on ne ressuscite pas ce qui est mort depuis vingt ans. Tout se borne à quelques vieux chefs auxquels il reste des illusions, et à quelques hommes dont pn peut faire des satellites, comme on en peut faire dans tous les pays et dans tous les temps. Mais que seraient-ils en face de nos soldats? En un mot, il y a des individus vendéens, mais le génie de la Vendée est éteint ; il ne se ranime pas même au souffle de la divinité qui le fit naître. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Quoi ! la Vendée aura eu l'insolence de se battre trente ans pour le trône et l'autel, de ne pas reconnaître les progrès de l'esprit humain, de ne pas admirer les échafauds et les livres dressés et écrits par tant de grands hommes! Vite, mettons en surveillance les vertus vendéennes : quiconque aime le roi et croit en Dieu est traître aux lumières du siècle. On a donc cru devoir tenir les yeux ouverts sur la Vendée, placer un cordon de têtes pensantes autour de ce pays tout empesté de religion, de morale et de monarchie. ”
Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)
“ Ils étaient beaux ainsi, ces valeureux soldats, Qui voulaient implanter chez nous leur république ! Le Vendéen priait, lorsque ce cri : « Rends-toi! » Comme un arrêt de mort, sortit des dix poitrines. Le front resplendissant de lumières divines, Le chrétien répondit : « Bourreaux, regardez-moi ! « Suis-je donc un enfant qu'on prend par les alarmes?... Sachez qu'un Vendéen est un homme de coeur, Qui préfère la mort à votre déshonneur. Vous êtes dix contre un... c'est bien! prenez vos armes! » Et les lâches frappaient... et leur glaive cruel Se rougissait du sang de la pure victime. ”
Aurélien de Courson, Le Dernier effort de la Vendée… (1909)
“ Que jamais le vil intérêt ni la crainte de la mort n'y mettent de bornes. Consacrez toutes les forces de votre âme et de votre corps à la défense de votre religion et de votre roi. Soyez vertueux, constants et réfléchis. Faites toujours tout ce que vous pourrez dans l'intérêt de votre pays, mais souvenez-vous que là où est votre roi, là est votre patrie. N'ayez jamais ni paix ni trêve avec ses ennemis. Fils de la Vendée, regardez tout Vendéen comme votre frère. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Est-elle battue, elle devient comme invincible; a-t-elle du succès, elle est immense... Jamais, depuis la folie des croisades, on n'avait vu autant d'hommes se réunir qu'il y en a eu tout à coup sous les drapeaux de la liberté, pour éteindre à la fois le trop long incendie de la Vendée... La terreur panique a tout frappé, tout effrayé, tout dissipé comme une vaine vapeur. La Vendée a fait des progrès ; c'est dans la Vendée que vous devez déployer toute l'impétuosité nationale, et développer tout ce que la république a de puissance et de ressources. La Vendée est encore la Vendée. ”
Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)
“ De la Vendée en plus d'une bataille, Bibard est là... Sous le feu, la mitraille, Les Vendéens résistent... Ces combats Font un héros de chacun des soldats. Le sang versé, les poitrines ouvertes, Les corps foulés, sur les pelouses vertes, Tout les enivre et les pousse aux exploits, Aux coups géants des Roland d'autrefois. Sans reculer, en face du martyre, Quand la mort vient, elle les voit sourire. Que peuvent-ils...? Ils sont un contre vingt... Donner leur sang...? Ils le versent en vain... Mais ils voudraient garder leur Marie-Jeanne Et l'enlever à la horde profane... ”
Joseph-Alexis Walsh,
Le Vendéen. [Signé : W...]
“ Ah ! si jamais la Vendée devait cesser d'être elle-même , si un jour elle devait ne plus aimer les Bourbons , nous dirions à vos ossemens , nous dirions aux ossemens de nos pères : Restes de nos aïeux, levez-vous ! ”
Marquise de Créquy,
Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803
“ Les fidèles et religieux habitans de la Vendée bénisse votre providence infinie qui leur a donné assez de prudence pour éviter les pièges de leurs assassins, assez de force pour repousser leurs soldats. Dieu des armées, protecteur des empires, soutient de la justice et du bon droit, les Vendéens placent en vous leur espérance, et prosternés en toute humilité aux pieds du trône céleste, ils vous supplient, pour prix de leurs souffrances, ô notre Dieu ! d’accorder à tous les Français la paix et le bonheur, à leurs assassins, le remords et le pardon. ”
Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)
“ Les douze Vendéens se couchaient sur la terre, Quand au flanc du canon les Bleus mettaient le feu, Et les boulets passés, en criant : « Vive Dieu ! » Ils s'élançaient encor frémissants de colère. Du canon meurtrier n'étant plus qu'à cinq pas, Comme d'agiles chats, les Vendéens bondissent; Les ennemis, surpris, d'épouvante pâlissent, Et tombent sous la faux des paysans soldats. Aux gars audacieux demeura la victoire. ”
Mémoire sur la guerre de Vendée et l'expédition de Quiberon (1877)
“ Fidèle à nos principes et à nos habitudes/nous donnerons sur l'histoire de la guerre de la Vendée, dans ses deux phases, celle où la lutte demeure politique, civile, intérieure, nationale, et celle où elle se dénature et se corrompt, au contact de la chouannerie et de l'étranger, celle où elle reste une révolte grandiose, et celle où elle n'est plus qu'une trahison désespérée, des documents empruntés aux deux partis. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son. ”
Émile Beaussire, La Formation spontanée d’une province à la fin du XVIIIe siècle - La Vendée
“ Ainsi, dans toute la Vendée jusque dans la plaine et dans le marais méridional, une même piété pour les mêmes souvenirs a uni les familles bourgeoises. Ainsi s’est cimentée l’unité morale de la province. Je ne crois pas toutefois que l’esprit Vendéen, tel que j’ai cherché à le définir, domine véritablement dans la bourgeoisie Vendéenne. Quoique ses suffrages soient noyés depuis quarante ans dans ceux des masses rurales, plus d’un indice permet de reconnaître que les bleus y sont toujours en majorité. La lutte est d’ailleurs plus vive que jamais entre les deux partis. ”
Albert Delpit,
Jean-nu-pieds, chronique de 1832…
“ Il sait compter, et il sait surtout que 2 et 2 cela fait 4. Or, je te prie de croire qu'il a, à cette heure, la plus grande peur de ce qui se passe en Vendée. La petite résistance que nous lui jetons dans les jambes doit passablement l'effrayer, sois-en sûr. On lui a raconté, M. Thiers et autres, que nous préparions une Vendée. Or, c'est là un nom qui doit lugubrement tinter à ses oreilles. Vendée! pour lui, cela signifie Charette, la Rochejacquelein, de Lescure, Cathelineau, d'Autichamp, Stofflet, Cadoudal et Maulévrier, c'est-à-dire des noms qui lui rappellent sa trahison et l'épouvantent. ”
Edmond Stofflet, Stofflet et la Vendée (1875)
“ La vraie Vendée se renferme dans le Bocage; c'est le théàtre principal de la guerre, le pays des dévouements sublimes, la pépinière des vaillants soldats dont les chefs furent tour à tour Bonchamps, Cathelineau, d'Elbée, La Rochejaquelein et Stofflet. ”
Basile Moreau,
La Vendée : poëme en douze chants
(1861)
“ La victoire se forme en sa tête enflammée, Et, nouvelle Pallas, elle en sort tout armée; Mais, après le combat, déesse au cœur humain, Elle s'offre aux vaincus, l'olivier à la main! De noirs pressentimens assiègent la Vendée, Et, parmi les terreurs dont elle est obsédée, Quand sonne avec fureur le tocsin des combats, La terre impatiente a besoin de leurs bras. Humectée à regret par tant de funérailles, Elle veut d'autres sucs : la saison des semailles Est venue, et le temps presse pour les guérets, Qui manquent de labours, qui n'ont pas leurs engrais. ”
Edmond Stofflet, Stofflet et la Vendée (1868)
“ La Vendée se partage en trois régions naturelles : le Bocage à l'est ; le Marais, le long des côtes à l'ouest et au sud ; la Plaine entre les deux. La vraie Vendée est renfermée dans le Bocage ; c'est le pays de l'insurrection et du dévouement sublime. Lorsque franchissant la Loire, le voyageur pénètre dans l'intérieur du Bocage, un aspect gracieux, tout nouveau, et qui ne se rencontre nulle part avec le même éclat, s'offre à ses yeux surpris et charmés. C'est un assemblage de hautes. ”
Alexandre Mazas, Saint-Cloud, Paris et Cherbourg… (1832)
“ Eh la Vendée ! s'écriera un loyal légitimiste : la Vendée ! quel appui pouvaitelle offrir! Ignorez-vous que durant toute la restauration, les ministres des Bourbons, sans en excepter peut-être trois, ne cessèrent d'abreuver ce peuple de héros d'affronts, d'injustices et d'humiliations; savez-vous que l'apparition d'un uniforme vendéen faisait bondir d'effroi les courtisans des Tuileries, à tel point qu'il finit par être condamné à ne plus paraître dans le palais de nos rois. ”
De l'établissement d'un camp dans la Vendée (1844)
“ La Vendée, qui a si énergiquement refusé, il y a un demisiècle, de s'associer an mouvement qui entraînait la nation vers de nouvelles destinées, n'est point encore entièrement ralliée aux idées et aux sentiments de la France de notre époque. La plupart des Vendéens, dispersés de toutes parts au milieu du Bocage, qui les a vus naître, et exclusivement occupés de travaux agricoles, vivent dans un isolement moral que les améliorations matérielles dont le pays a été l'objet ne parviendront à détruire qu'avec une extrême lenteur. ”
Émile Beaussire, La Formation spontanée d’une province à la fin du XVIIIe siècle - La Vendée
“ Elle représente aujourd’hui et elle garde fidèlement tous les sentimens qui, dans l’opinion courante, s’attachent au nom de Vendée. La bourgeoisie a été et est toujours plus divisée. Elle avait embrassé, en très grande majorité, la cause de la révolution, et très peu la répudièrent, même aux plus mauvais jours. Les excès criminels furent rares, d’ailleurs, de la part des patriotes vendéens, et ils rencontrèrent, chez les plus éprouvés, une courageuse résistance. ”
Aurélien de Courson, Le Dernier effort de la Vendée… (1909)
“ Les temps héroïques de la Vendée étaient passés ; le courage, le dévouement, l'abnégation avaient fait place à la prudence et à l'égoïsme. Un des principaux motifs mis en avant par les pancaliers, après les événements de 1832, pour excuser leur défection, fut que les paysans lassés par l'ingratitude des Bourbons ne voulaient plus se battre, et se montraient disposés à se rallier à Louis-Philippe. La chose n'est pas exacte ; partout où les messieurs firent leur devoir, les paysans furent braves et fidèles. ”
Aurélien de Courson, Le Dernier effort de la Vendée… (1909)
“ Illisible. 336 LE DERNIER EFFORT DE LA VENDÉE qui ne savent plus que raisonner et consulter une froide expérience, sont des conseillers à redouter, et qui trompent sans le.vouloir tout autant que les exaltés, surtout dans les temps difficiles. Les prodiges de la Vendée n'ont pas été opérés par les cheveux gris et après de trop mûres réflexions... Prenez garde de méconnaître le pays; en dépit de tout, croyez qu'il sera le bras droit de Henri V. Lejeune, Auguste et Gaspard peuvent tout faire pour la cause si leur action n'est pas paralysée. Leur union est indissoluble ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans : 1830-1840…
(1882)
“ Lui mort, Napoléon sut désarmer la Vendée à force de bienfaits, et il la soumit irrésistiblement à l'ascendant de son génie. Dispersés dans le monde par les victoires de l'Empire, ceux des Vendéens qu'épargnèrent tant de meurtrières batailles, étaient revenus dans leurs foyers comme missionnaires des idées nouvelles. La Vendée avait été aussi sollicitée au changement par les progrès du commerce et la vente des biens nationaux, qui avaient introduit dans ces contrées une classe d'hommes n'ayant d'autre passion que celle du repos et d'autre religion que l'intérêt. ”
Edmond Stofflet, Stofflet et la Vendée (1868)
“ Le Vendéen suivra au combat l'antique et glorieux drapeau blanc aux fleurs de lis, comme signe de ralliement ; mais il portera avec une noble fierté sur sa poitrine un scapulaire, une croix, un sacré-cœur ; il passera autour de son cou le chapelet dont chaque jour il roule les grains entre ses doigts, et s'il rencontre par hasard sur le champ de bataille un modeste calvaire sauvé de la destruction, il oubliera les balles qui sifflent autour de sa tête et les boulets qui grondent, pour s'agenouiller et faire sa prière. ”
George Sand,
Histoire de ma vie
“ Je fus très désappointée de trouver dans l’héroïne de la Vendée une grosse femme très rouge et d’une apparence assez vulgaire. À sa droite, un paysan vendéen se tenait debout. Il était venu de son village pour la voir ou pour voir Paris, et il avait dîné avec la famille. Sans doute c’était un homme bien pensant, et peut-être un héros de la dernière Vendée. Il ne me parut point d’âge à dater de la première, et Louise, que j’interrogeai, me dit simplement : « C’est un brave homme de chez nous. » ”
Mémoire sur la guerre de Vendée et l'expédition de Quiberon (1877)
“ Vous aurez pu cependant remarquer que plusieurs de nos camarades, officiers distingués, et qui avaient servi avec éclat au Nord et sur le Rhin, n'ont pas quitté l'Ouest sans éprouver des revers. Quels sont donc les motifs d'encouragement dans la guerre de la Vendée? S'il en existe, c'est pour les royalistes. C'est aux chasseurs du Loroux, aux braconniers du Bocage qu'appartiendra l'honneur de relever le trône et l'autel. Toute l'Europe a les yeux ouverts sur cette petite contrée de l'ouest qui balance déjà les destinées de la république. ”
Émile Beaussire, La Formation spontanée d’une province à la fin du XVIIIe siècle - La Vendée
“ Ce bienfait gagna les uns à tout jamais, et il est resté cher à tous. Les paysans ne furent pas seuls à se jeter sur la curée. Les bourgeois, les gentilshommes, les dévots de toute classe y prirent part avec eux sans scrupule. Parmi les premiers acquéreurs, les Archives de Maine-et-Loire ont signalé à M. Célestin Port deux des futurs généraux Vendéens, deux des plus purs parmi les saints de la Vendée : d’Elbée et Bonchamp. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ Il n’était que trop sûr que les villes, petites et faiblement peuplées dans ce pays, ne pourraient, quelle que fût leur énergie, contenir les campagnes, que celles-ci emporteraient tout, qu’un jour ou l’autre la Vendée tout entière se lèverait comme un seul homme, qu’elle marcherait d’ensemble, prêtres en tête, disciplinée d’avance, sous les drapeaux de ses paroisses. ”
Charles Dalbaret, Un Assassinat juridique. (1815… (1894)
“ Dans la Vendée, leur conduite fut admirable ; ils montrèrent un entrain irrésistible, un rare courage ; chaque rencontre fut pour eux une occasion de se signaler et d'acquérir un nouveau grade. Habitués dès leur enfance à parcourir les champs et les bois par toutes les intempéries, ils étaient habiles à déjouer les plans des paysans, à éviter leurs embuscades, à deviner leurs desseins. ”
