Charles-Henry Hirsch

Résumé

Charles-Henry Hirsch Racaille et parias : choix de récits… (1914)

L'avocat ne voulait pas le voir. Sans cesse, ses yeux retournaient à Bichu qu'ils venaient de fuir.
« J'veux... du rhum !... du rhum !... » exigea le patient.
Les prunelles élevées vers l'homme qui le faisait boire, il était avide de l'alcool, comme d'un philtre capable de le sauver ; et ses dents battaient le verre épais.
« Une cibiche!... Ma dernière ! » réclama-t-il, s'efforçant de rire.
On lui mit une cigarette à la bouche. M. Leprestre-Daban tendit son briquet d'argent, allumé, au gardien-chef qui l'approcha du tabac.
« Mince de lusque ! » admira Bichu.
Source : Gallica

Charles-Henry Hirsch Racaille et parias : choix de récits… (1914)

« Qu'est-ce qui te prend? hurla M. La Souris menacé.
— Il me prend... ça! »
« Ça » c'était l'arme de M. Julot, plongée jusqu'à sa virole dans la gorge de M. La Souris.
« La fuite, les mômes! » souffla M. Totor.
Il leur recommanda de dissimuler leur émotion pour traverser le cabaret et il appela M. Julot, à haute voix, d'un nom emprunté :
« Viens-tu, Le Préfet! »
Par miracle, M. Julot évita l'énorme jet de sang que lança la blessure de M. La Souris. Et, très calme, il taillada le demi-pain qui restait
sur la table, pour essuyer proprement son couteau.
Source : Gallica

Charles-Henry Hirsch Racaille et parias : choix de récits… (1914)

« Voyez-vous... c'est ce petit jour bleu... » Les magistrats lui conseillèrent affectueusement d'aller se mettre au lit.
Le réveil de Bichu, ni les préparatifs, ni l'exécution, ni le sang que les aides diluaient à grands seaux d'eau, — rien n'avait épouvanté l'avocat, autant que de reconnaître, sur Planois, le même ciel frissonnant et bleu, sous lequel, en compagnie de Mlle Tata Liquette, de la Mômiche Poulet et de
M. de Bosnes-Calvaire, il avait vaqué à la découverte d'une taverne où traiter, par la soupe à l'oignon, son estomac noyé de champagne.
Source : Gallica

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