Résumé

Charles d’Henriet L’Art contemporain. — M. Barye et son œuvre

Rien de farouche : il est au repos, humant l’air ; les muscles du visage ne se meuvent pas. Ces mâchoires de bronze ont fait leur office, l’appétit est satisfait. Il digère, assis sur sa croupe. Comme œuvre d’art, il ne lui manque rien, c’est un morceau irréprochable. Silhouette, contours, relief, ensemble, détails, tout est serré et précis. Il ne porte point l’empreinte de l’exubérance de jeunesse, mais plutôt, et sans étalage, celle de la maturité du talent et du savoir. Aussi les traits lancés jadis contre M. Barye se retournent dès ce moment contre ses adversaires.
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Charles d’Henriet L’Art contemporain. — M. Barye et son œuvre

Ce n’est pas seulement en cette besogne d’orfèvrerie, en ce cerf de soupière, en ces menus objets de toute sorte, en ces animaux de surtout que M. Barye affirme les ressources de son esprit et de sa main, ni qu’il manifeste sa personnalité. Après les mœurs du cerf, — les mœurs du cerf ! et pourquoi non ? — il reproduit celles du lion, de l’ours, de l’aigle, de l’éléphant. Il nous les montre dans leurs attitudes favorites et familières, ici guettant leur proie, qu’ils déchireront de leurs griffes comme l’homme sauvage la percera de ses flèches
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Charles d’Henriet L’Art contemporain. — M. Barye et son œuvre

En tout cas, pour l’artiste dont nous nous occupons aujourd’hui, il n’y a point d’exagération à prétendre, qu’il s’est fait lui-même. À l’attitude, à la physionomie, on en devinerait quelque chose. Sur chacun des traits est marqués une volonté qui fut ardente, qui demeure puissante et contenue, dont il n’est point fait étalage. L’observation, la portée de la vue, la perception nette, y sont accentuées également. Là est l’homme presque tout entier. La passion n’est pas refroidie et le feu couve encore en ce foyer qui ne lance point d’étincelles, qui ne montre point de flammes.
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