“ Ce duc Charles fut le plus beau chevalier de France et le mieulx enteichié de vaillance : car de chevalerie faisoit ce qu'il appartenoit a prince, et n'eust oncques bataille que a la premiere ne voult estre et souventes fois s'assembloit le premier a ses ennemis. Jolys fut plus que nul aultre, toute sa vie, et de faire chansons et lays s'esbatoit souvent; mais saincte vie menoit secretement et maintient-on que en sa vie nostre Seigneur faisoit pour luy maintz miracles. Quant messire Bertrand sceut la mort du duc, en luy n'eut que courroux. ”
Résumé
“Chronique de Du Guesclin, collationnée sur l'édition originale du XVe siècle et sur tous les manuscrits, avec une notice bibliographique et des notes”, publiée en 1830, est une œuvre de . Des thèmes tels que Bertrand, Anglois ou roy Henry y sont abordés.
Citations de Chronique de Du Guesclin, collationnée sur l'édition originale du XVe siècle et sur tous les manuscrits… ()
“ Vray est que pour les guerres de nostre royaulme poursuir et maintenir, et conforter a l'entreprinse de nos anciens ennemis par le povoir de nostre chevalerie, nous est nécessaire avoir ung chevalier loyal, de hardement et saige, qui nos guerres cy maintiendra. En grant vieillesse est cheu nostre très chier et aimé cousin, messire Moreau de Fiennes, nostre connestable, qui plus armer ne se peut. Pour ce, a nous est advenu que pour noz guerres maintenir, a qui l'espée fut mieulx deue que a messire Bertrand du Guesclin ”
“ En nous faisant voyager dans la vie du preux qu'elles racontent, elles nous jettent en même temps quelques traits de la vie de l'écrivain lui-même, que celui-ci nous donne sans prétention aucune, sans vouloir le moins du monde parler de lui, et, pour ainsi dire, à son insu. ”
“ Humblement s'enclina messire Bertrand et dit : A tous voz commandemens suis prest de obéir; mais ung veu ay fait, que moult doubte a enfraindre. Et vous diray qui il est. Monseigneur, vous sçavez que les gens du monde qui plus ont France grevée sont ceulx qui du royaulme sont et le party des ennemis du roy et de vous ont tenu. Vous sçavez, monseigneur, que au dedens de ceste ville ont esté prins plusieurs chevaliers de la nacion de France; et par eulx tiens que l'assault a tant duré, où maint bon homme a laissé sa vie. ”
“ Du chastel partit le chevalier qui tanterra qu'il tourna en l'ost de Pietre, auquel il raconta l'occision de la royne et comme son sergent d'armes s'en estoit fouy en Civille, et comment enterrée avoit esté pouvrement et aussi le grant deuil que le peuple en demenoit. Après luy compta le miracle des trois hommes qui luy vindrent baisier les piez, quant on la portoit en terre, et comme santé recouvrerent tous trois ; et comme plusieurs gens accouroyent a sa sepulture pour santé recouvrer et la grant plainte que l'on faisoit d'elle. ”
“ Monseigneur le mareschal et vous aultres messeigneurs, qui cy estes, d'une chose vous vueil requerre, dont m'ame finera en grant repoz, se faire se povoit. Et diray quelle : vous sçavez, seigneurs, que Anglois ont prins envers moy journée de leur chastel rendre: dont en mon cueur je desire moult que, avant ma mort, Anglois rendissent le chastel. Des parolles de messire Bertand eurent toute la chevalerie grant pitié que nul ne le sçauroit dire. L'ung regardoit l'autre en plourant, en faisant le non pareil dueil que l'on veist oncques et disoient : Helas! ”
“ Messire Gaillart dit a sa femme : Dame, a la chambre vous en alés et le chevalier honnourés de tout ce que vous pourrés : car bien en est digne, et sçaichez que c'est ung des grans seigneurs de ce monde et est roy couronné ; mais gardés que de reveler ne soyez si hardye. ”
“ Et vous apparcevez de jour en jour par quelle justice le prince tire a nous gouverner : car toute son intencion est de nous faire ressortir a Londres au parlement d'Angleterre, qui la destruction de la duchié et du peuple seroit le temps advenir. Si dis que par ces cinq raisons juste achoison avons de Françoys devenir. Bien est droit que, si avecques Françoys traictons aucunement, jamais ne devrions les Anglois trahir, qui doulcement nous ont traictiez et par justice ”
“ Ne n'est pas bel a ung hostellier de s'en partir de son hoste, sans son congié, veu qu'a sa feaulté luy laissoye si large prison. Au congié du conte s'en partit l'escuyer, et retourna au siège où estoit Bertrand, et fit son messaige de ce que Felleton luy manda, et luy despleut moult pour ce que de sa desloyauté lui faisoit reprouche ; mais grans parolles ne langaiges n'en tint a celle fois , ançois fit engins dressier et le chastel assaillir , de telle vertu que briefvement il fut conquis et prins d'assault, et tous ceulx qui dedens estoyent prisonniers. ”
“ Et en maniere d'esbatement commencèrent leurs parolles d'amours,d'armes, de batailles, de prinses de forteresses, de journées, de rencontre et de prisonniers racheter. En ces parolles se delictoit le prince, qui d'armes estoit le mieulx parlant qui en son temps fut, et devant tous les barons qui là furent parla et dit en telle maniéré : Seigneurs, quant en bataille ou en assault est prins aulcun chevalier vaillant, moult doit être honouré, ne du sien ne luy doit-on point tant demander que une ultre fois ne se puisse armer ”
“ Ceste fut de hault lignaige, et de grant sens et moult s'entre aymerent. Pour l'onneur de la dame, qui de grant loyaulté fut pleinne, laissa ung peu Bertrand a suyr les guerres au commencement de son mariage. Quant la dame vit que ainsi les laissoit, elle le blasma et luy dist : Sire, par vous ont été beaulx faiz commenciez, et par vous seulement en voz jours doit estre France recouvrée. Or est ainsi que pour m'amour voulés perdre honneur qui en vous commence. Certes, sire, ceste chose ne pourroye endurer; car pour vous seroye trop abaissée, qui par vous doit estre honnorée. ”
“ Lendemain matin, vindrent les bourgoys de La Rochelle en grant estat par devers les princes qui joyeusement les receurent et a messire Bertrand ordonnèrent dire l'intencion d'eulx aux bourgoys. Seigneurs, par le gré du bon roy Jehan de France, dont Dieu ait l'ame, fustes vous mis en l'obeissance du roy d'Angleterre et de son filz, le prince de Galles. Et sçavez que, en Vous livrant, vous fut enjoingt que, se loyaulment les Anglois ne vous tenoient en vostre seigneurie première et aussi les aultres paches 1 que en leur accord sont contenuz, que tout fust nul. ”
“ Le chevalier fut preudons, loyal et droicturier envers Dieu et le monde, renommé de grant prouesse et de hardement. Sur toutes riens aimoit l'eglise pour la reverence de nostre Seigneur, de qui tous biens viennent; confortoit les povres et leur faisoit aulmosnes. Vray est que de celluy chevalier et de sa femme, qui moult de saincte vie estoit et bien renommée en son païs, yssirent trois filz desquelx l'ainsné eut nom Bertrand, dont en ses jours courut tant de renommée par toute terre et chrestienne et sarrazine , que il fut craint et redoubté. ”
“ Dans les chroniques en prose, au contraire, le naïf écrivain exprime à son aise sa pensée telle qu'elle lui vient avec la langue que l'usage lui a faite, sans se soucier d'éviter ces pléonasmes et ces redondances dont l'effet chez eux est si pittoresque, mais qui cependant les ont fait appeler Barbares par les partisans de l'euphuisme académique. ”
“ Pour le cry furent ordonnez Anglois en bataille toute nuyt, jusques que l'espie du jour vint qui dist que ce n'estoit riens. Lors se pensa le duc et dist que c'estoit Bertrand qui dormir ne les laissoit. Adonc vint un chevalier Anglois prisonnier que Bertrand envoya au duc et lui dit : Monseigneur , a vous m'envoye Bertrand, a qui prisonnier suys , pour vous dire que ceste nuyt vous a reveillé ; mais pour ce que doresnavant il vous laisse dormir , il vous requiert de dedens il Regnes il vous plaise le laisser entrer lui et ses compaignons : car moult desire voir ses parens qui leans sont. ”
“ En ceste partie, dit l'ystoire que après ce que messire Bertrand eust en Bretaigne receu les feaultés des barons et la saisine de plusieurs villes et chasteaulx, qui au roy se rendirent, s'en retourna a Paris pour le roy veoir, qui par ses lectres l'avoit mandé. Avec le royestoit adoncques le duc d'Anj ou, frère du roy, et quand messire Bertrand fut arrivé, ne demande nul la ctiiere et l'onneur qui de par le roy luy fut faicte et aussi par les ducz et princes et par tous ceulx de la ville : car, se Dieu fust descendu en terre, a paine en eust-on peu plus faire. ”
“ Poitiers. qui haultement par devant tous luy dit : Amis Bertrand, si en cest ost n'avoye que le povoir de vous et vostre bon conseil, si yrons Poytiers assieger, puisque au cueur vous chiet. Et si Anglois trouvons sur les champs, quelque effort qu'ilz ayent, nous leur livrerons bataille. Là n'eust nul qui au conseil de messire Bertrand n'accordast. Et lendemain deslogierent les princes £t, si Anglois trouvassent sur les champs, combatules eussent. Et tant chevaucherent atout leur ost celle journée que devant le chastel d'Angle qui a xiiij. lieuez de l'abbaye estoit dont ilz estoient partis. ”
“ A vous, monseigneur, ne faisoie nulle guerre ne a vostre sang, et avec tout ce que bien sçavez, monseigneur , encores que au roy de France ce avez paix , et causes n'avez de luy guerroier ne ses gens. ”
“ Sire, grant chevalerie a le prince en sa compaignie, et forte chose seroit que tant grant compaignie peut estre longuement ensemble a tant de gens. Bien sçay b que plus grant nombre de gens pouvez avoir; mais il y a gens qui tousjours ont guerres suyvies plus que ceulx de ceste contrée : nullement ne conseilleroye a combatre, mais le passaige luy peut-on bien garder et tenir si a destroit de vivres, que espandre les conviendra pour aler en fourrage, pour vivres recouvrer. ”
“ Adoncques se retrahit ès bataille des François , qui le conte de Pambroh et le conte Salbrymaintenoit l'estour. Quant Bertrand appcrceust le roy Henri, a luy vint et luy dit : Sire, contre vous est le prince , dont ceste guerre fincra, dont le royaulme perirés, se prins y estes. Pour ce, vous requiers que d'içy partez, et a monseigneur le duc d'Anjou alez a refuy : car bien sçay certainement que par luy serés conforté et vostre terre recouvrerez. A ce ne se voujoit accorder Henry; ainçois frappa dedens Anglois plus fort que devant, dont Bertrand si courut a luy : Ah! ”
“ En ce que tous sçavez que de son parlement n'avoit pas le roy puissance de nous mectre hors : car de tout temps le duc de Guienne est per de France, et au parlement vont ses causes : qui le bien du peuple est et de la couronne. ”
“ Quant le duc sceut la desconfiture, en luy n'eust que courrousser. Si fit de plus en plus guectier que vivres et secours n'eussent ceulx de Regnes, et bien savoit le duc qu'a bien grant povreté de chair estoit ; mais point ne hyssoyent. Lors se pensa d'une grant soubtiveté pour les cuider faire yssir. Il fit assembler bien deux mille pors et les fit mectre en pasture prez de Regnes au maretz. Lors cuiderent hyssir; mais le capitaine ne voult souffrir, aincois trouva une subtilité contre celle du duc. ”
“ Si ne voyons en cest affaire que tout deshonneur ne soit, se aultrement nous conseillons. Sur ces parolles les chevaliers de France se conseillèrent ensemble, puis a messire Bertrand respondirent en ceste maniere : Nullement ne serés par nous conseillé de désobéir au commandement du roy : car, se fortune vous estoit au contraire, de luy n'aurions jamais secours ; mais biensçavons que, pour vostre siège garder et les Anglois tenir à grant destresse, vous estes fors en bataille de gens. ”
“ Pour ceste chose, monseigneur, j'ay juré et promis que jamais ne mengeray ne bevray tant qu'il en ait nul en vie. Moult fut lié le duc de Berry, quant il sceut que pour aultre chose n'estoit messire Bertrand couroussé, et appertement luy dit : Amis Bertrand, grant raison demonstrez a tout homme desloyal de preudommye; et preudons ne seroit pas qui tel conseil desloueroit ; mais bien vucil que vous sçaichez que tout tel serment que vous avez fait, 'je faiz. ”
“ Et roy souloie estre ; mais or puis bien dire de si hault si bas. Appertement se leva le duc en soy descouvrant contre luy et son chapperon luy remist ; et dit le duc : Sire, grandement mesprenés, qui contre moy tant vous humiliez, qui roy estes coronné. Humblement respondit le roy Henry : Sire, bien vous puis appeller monseigneur : car par vous recouvreray ma terre et mon royaulme d'Espaigne, que perdu ay par ma simplesse et par fol conseil croyre oultre le vouloir de Bertrand et la chevalerie de France. ”
“ Tollecte est Pietre où cité a moult grant, forte, puissante et riche, et bien de saiges hommes qui de Pietre vouldroient bien estre delivrés; et secours n'a Pietre de nulle part. Si loueroye que tost et briefvement fust la cité assiegiée, en l'esperance que au roy Henry soit rendue, et, se d'illec ne se part, prins soit : car bien verront briefvement les bourgois que le siege ne pourroient longuement endurer, ne contre vostre chevalerie contreter. ”
“ Bertrand qui oncques mais n'avoit jousté ferit le chevalier par le heaulme de telle force, qu'il luy mist hors^e la teste. De ce coup chëut le chevalier et son cheval occiz. Quant les heraulx virent le rude coup que fait avoit celluy qu'on ne congnoissoit, etne savoyent quel cry crier, ils commencèrent tous à crier : A l'escuyer adventureux. Adoncques piqua Bertrand, chevaux chant les rans, et tant fist ce jour qu'il n'y eust nul de ceulx de dedans qui ne doubtassent le rencontrer et si ne savoyent qu'il estoit. ”
“ Et en briefz jours entrerons au pays d'Espaigne , pour le pays conquerre. Ceste emprinse jurerent le conte de La Marche, nepveu de la royne Blanche d'Espaigne, le mareschal d'Antre han et toute la chevalerie qui avec messire Bertrand furent : dont le roy d'Arragon fut moult esjouy et plus que devant les honnoura. Et guieres ne demoura que Bertrand print de luy congié et son chemin adressa parmi Arragon, en alant droit en Espaigne. ”
“ Le second jour après que le roy Pietre eust envoié son sergent d'armes la royne occire, il manda le juif qui ce conseil luy avoit donné : J'ay mal ouvré de ma femme faire ainsi occire et murtrir, qui de la plus noble lignée du monde est extraicte; et toute ma vie l'ay veue de bonne vie et moult suis en doubte que mal ne m'en viengne. Une fois estoit Il en Grenade et devant fis amener une femme de grant eage qui des choses advenir sçavoit parler trop certainement. De mon a faire luy enquis et après ce qu'elle m'eut bien avisé, elle me dit que riens elle ne me descouvreroit ”
“ Bien pouvez penser, sire, que contre messire Jehan Chandoz ne povez longuement l'estour endurer, fornir ne soubstenir. Et bien saichez que d'icy ne partira jusques a sa mercy soyez. Et pour ce qu'il luy semble que assez avez fait vostre devoir, pour le bien de vous et de vos compaignons, vous veult faire courtoysie - telle que , si a luy vous, voulés rendre, que qui par le regard de chevalerie devroit payer cent florins sera quicte pour la moitié. ”
“ Bien savez que du royaulme avés saisine et bien le pouvez tenir paisiblement , se par droit voulés vostre peuple maintenir. Pour ce que en mon païs me vueil retfaire, ceste raison vous vueil requerre que de ce qu'estes tenuz de faire faciez envers nous. Quant Pietre se vist a Burgues et plusieurs aultres villes et chasteaulx estre en son obeissance, bien voulsit le prince et toute sa chevalerie estre en Angleterre ; et tant traicta que accord fit avec le prince qui a Cordelle 1 luy et sa chevalerie se retrahirent. Là yroit devers luy Pietre pour faire envers luy ses devoirs, dedens quinsaine. ”
“ Ainsi demoura la chose a celle foys et moult doubta le duc de Bretaigne le duc d'Anjou, pour ce qu'il savoit bien et cognoissoit que des princes de France n'avoit nul qui tant grever le peust, ne qui fust de telle chevalerie plein ne de tel hardement; et mesmement que a luy estoit la chevalerie de France plus obéissante que a nul aultre et plus estoit redoubté en France et en toutes terres que n'estoit le roy son frere. ”
“ Pour ce furent ceulx de Guingant moult desireux d'avoir le chastel. Durement fist Bertrand le chastel assaillir, et l'escuier qui en garde l'avoit le deffendoit et fort l'avoit garni ; mais en la fin fut le balay prius. Bertrand manda a seurté le chastellain qui au balay avoit tant fait d'armes et de vaillances que merveilles estoit a les veoir. ”
“ Au conseil de l'evesque se tindrent tous les bourgois ; mais le contredirent les juifz. Adonc la ville s'arma et les juifz et Sarrasins occirent. Après l'occision des juifz, l'evesque et les bourgois de Burgues, vestuz tous de livrée devant eulx faisoient porter viij lances en chascune desquelles lances estoient pendues une des clefs des viij portes de Burgues, rancontrerent Henry, le conte de La Marche et messire Bertrand et la chevalerie qui descendirent contre la croix. ”
“ Comme messire Bertrand fist semblant de s'en fuir. Au point du jour furent Françoys armés sur leurs chevaulx, et devant eulx firent leur sommaige passer la riviere en faisant semblant d'eulx enfouyr. Et tantost après fut dit au captai de Buz que Bertrand s'en fuyoit. Quant le captai vit Françoys fouyr appertement, fit Anglois descendre de la montaigne en faisant grant huée, et Bertrand qui tousjours faisoit semblant de s'en fouyr, en prenant garde que Anglois fussent tous de la montaigne descendus. ”
“ Pour soy conseiller, manda Henry la chevalerie, pour bataille livrer. Et premièrement parla Bertrand qui, asonpovoir, desconseilla la bataille. Là fut le conte d'Ayne, qui jeune chevalier fut et desirant d'armes. En la presence du roy Henry dit : Sire Bertrand, en la compaignie du roy n'estes xij chevaliers et escuyers de France qui plus cuydès valoir que tout l'ost du roy qui plus de gens a que le prince. Bien vueil que vous sçachez que en bataille valent bien Espaignoulx François, et scmbleioit a la chevalerie d'Espaigne que, si longuement maintenez cès parolles, que paour eussiez. ”
“ Saige fut la dame qui bien la chose sela et dedens la chambre entra, et puis, quant elle apparceut le roy Henry, le genoil mist a terre contre luy. Et leans vindrent les chevaliers qui au roy estoient, qui bien tost congneurent messire Gaillart, lequel a son pouvoir les honnoura. Et après disner parlèrent le roy et ses chevaliers et messire Gaillart pour eulx conseiller que faire pourroient. Au roy respondit messire Gaillart : Sire, au duc d'Anjou, quia Villeneufve est, qui est près d'icy, vous enirés et moy , en vostre compaignie. ”
“ Sire , grans offres vous fait Pietre qui la moitié de son royaulme vous offre prendre et oultre, d'aultre part, pour les estrangiers payer, vous offre grantfinance : dont il vous doit bien souffire. Et tant qu'il touche Jes Anglois, en moy baillant la moitié du million que Pietre offre, sire, pour eulx, je me charge les mectre hors de ce royaulme sans jamais luy mener guerre, se le roy Edoard ou le prince son ainsné filz ne le guerroyent en leur nom. ”
“ Là fut ung aultre bourgoys qui après parla, el dit : Seigneurs, loyaulment vous a racompté le preudoms la besoigne; mais je vous vueil inonstrer que juste et loyalle achoison avons de l'ommaige des Anglois despartir. Et est telle ma raison : bien scet chascun que le roy de France qui nestre souverain seigneur a esté tout le temps de ancienneté, et qui fait envers le roy anglois et le prince son filz très loyaulment, et par le traictié d'eulx fut faicte la paix entre eulx et jurée, laquelle il a tenue en son endroit, sans enfraindre. ”
“ Tout temps, ay ouy maintenir que le roy Charles de France est le droit hoir de la coronne, et que de luy n'est nul plus vray catholique en Dieu. Vray est que quant de luy partite, en prenant de" luy congié pour venir ès parties de par deçà, par son serment me jura que loyaulment estoit informé que a luy appartenoit la duchié de Guienne; et que' plus seur m'en tenisse,se Anglois trouvoye, pour contre eulx sa droicture garder. Vous sçavez, seigneurs, que pour les droiz du roy de France derrain, qui son conneslable suis, combien que pou. ”
“ Quant les ducz et les princes ouyrent l'advis et le conseil des chevaliers, en eulx n'eust que courousser ; et jurerent que, se bataille y avoit, que ilz y seroient en leurs personnes, et mal content furent de ceulx qui tel conseil donnèrent : car pou les prisoient, selon leuradvis. Mais amiablement apaisa messire Bertrand les princes et devant tous -parla en ceste maniere : Seigneurs qui cy estes, et de par le roy de France sommes cy venuz pour ses droiz desraigner; et a monseigneur de Berry, qui cy est, délivrera le païs qui a luy est. ”
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