Résumé

E. Bernard Une campagne dans le Haut-Tonkin… (1908)

Notre progression, à nous, se complique de plus en plus des difficultés énormes du terrain. Il est déjà 2 heures lorsque notre avant-garde, débouchant enfin du sous-bois très dense, arrive devant le flanc gauche de la position pirate, à une demi-heure de marche au sud du col de Ban-Ten (point coté 647) ; une vallée aux flancs abrupts, large de 500 à 600 mètres, sépare la rizière de montagne où vient de s'arrêter la tête d'avant-garde du chaos de rochers boisés, d'aspect rébarbatif, où les winchesters nous attendent.
Source : Gallica

E. Bernard Une campagne dans le Haut-Tonkin… (1908)

En réalité, notre petite guerre coloniale nous a révélé des caractères particuliers, bien définis, que nous ne retrouverions nulle part ailleurs : le climat, l'ennemi, l'instrument de guerre dont on dispose, une montagne d'un genre spécial,, unique au monde, sont autant de facteurs essentiels, de contingences souveraines qui lui impriment un cachet inaccoutumé, étrange et séduisant, déconcertant aussi pour le chef qui ne sait, dès le premier jour, faire litière des idées préconçues, des clichés, et entrer résolument dans la peau du bonhomme.
Source : Gallica

E. Bernard Une campagne dans le Haut-Tonkin… (1908)

Dans l'intervalle, le feu a cessé définitivement ; mais les pirates sont toujours là, et, par instants, le bruit de leurs voix nous parvient.
Il pleut à torrents, la nuit est noire comme de l'encre.
Reprendre la marche sur Lang-Co-Lum, il n'y faut plus songer ; à supposer qu'on puisse, après un nouvel effort, déboucher le soir même sur le versant nord du redoutable col, cette course à l'aveugle en pays inconnu ne nous conduira sans doute à rien qu'à de nouveaux traquenards où tomberont de nouvelles victimes, bien inutiles cette fois ; le plus sage est d'attendre ici jusqu'au jour.
Source : Gallica

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